Parce
qu'écrire sur la musique est certainement un non-sens
(cf la citation d'Elvis Costello introduisant la rubrique
"chronique"
de w-h-y ?) et parce que les actuels critiques de rock'n
roll 'ressemblent à Little Bob', ces 2 tomes BD de
Luz sont tout bonnement indispensables.
Sous forme de carnets regroupant ses dessins du monde de
la musique depuis les Transmusicales de 2002 (du live essentiellement,
donc), Luz applique le principe du journalisme gonzo à
la bande dessinée et se met en scène, tour
à tour spectateur curieux, journaliste captivé,
fêtard infatiguable -du moins tant que ses pieds le
portent- ou DJ angoissé. Il est difficile de ne pas
s'identifier à son personnage quand il découvre
le monde un peu branchouille des concerts electro, de la
presse vip et des stars du rock sur le retour.

Décalé, fan encore frais et déconnecté
de la hype parisienne, Luz n'est pas non-plus Candide et
enchaîne les bières (voire plus...) en assistant
aux meilleurs lives et nous livre des dessins sexy des meilleurs
artistes. Des pires aussi (le fameux guitariste Mickael
Angelo, le 'pire branle-manche' du monde). On retrouve avec
plaisir au fil des pages de nombreux groupes ou artistes
qui ont fait parler d'eux de ces dernières années
(LCD Soundsystem, Cobra Killer), voire des monstres incontournables
qui seront toujours d'actualité (Sonic Youth, Buzzcocks...).
Bourrés d'anecdotes (ses débuts de DJ sont
fameux), pleins de sensibilité, de modestie et d'humour,
ces deux tomes sont une bouffée d'air frais qui fera
sourire les amateurs de musique et rendra nostalgiques tout
ceux qui étaient présents à certaines
des soirées dont les artistes dansent encore sous
le trait de Luz.
seb rooney.
A lire toutes les semaines dans Charlie Hebdo.