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zombie zombie de A à Z

Quand Etienne Jaumet et « Cosmic » Neman débarquent sur scène, on les sent déjà bien à fond. L’un bondit pieds joints face à ses synthétiseurs, theremin, claviers vintage ou piano en toc. Le second planté face à lui, prêt à en découdre avec sa batterie, le fixe et l’excite à coups de rythmes répétitifs et de breaks intuitifs. Ce 23 février 2008, à Saint-Malo dans le cadre de La Route du Rock, Zombie Zombie cherche l’émulsion live. A tâtons parfois, mais dans un but sympa : jouir de concert et en public, qui en profite. Les thèmes exécutés puisent des bribes de mélodies aux morceaux plus construits de l’album A Land For Renegades (en mars sur Versatile Records). Le duo étire les motifs, vire à l’improviste, sans jamais ménager ses efforts. On touche au sublime le temps d’une reprise glaçante du Nightclubbing d’Iggy Pop. Hurlements, soupirs, transpiration, parfois quelques approximations, Zombie Zombie conserve en toute situation une classe indéniable et une fraîcheur enfantine. On songe à Suicide, à Joakim, à Boom Bip ou à Can, mais ces impressions furtives s’effacent aussi vite qu’elles sont venues. Zombie Zombie à son double truc à lui. _ JC


A : ANALOGIQUE
Etienne Jaumet [clavier] : C’est le type de synthétiseur que l’on utilise… ils ont été fabriqué entre 1970 et 1980 en gros… ils sont monophoniques, c’est à dire que l’on peut seulement jouer une seule note à la fois … pas moyen de faire des accords… ils ne possèdent donc q’un seul oscillateur, mais leur son reste inimitable car leurs composants sont électroniques…
Neman [batterie] : Ce sont des machines imprévisibles et donc le son est bien plus intéressant et chaleureux que n’importe quelle carte son d’ordinateur.

B : BOOMBOOMCHACK RECORDS
E : C ’est le premier label à nous avoir fait confiance… on y a enregistré un EP 6 titres.

C : COSMIC NEMAN AKA NEMAN HERMAN DÜNE
N : Oui, je joue aussi dans Herman Düne. Ce sont 2 projets très différents mais qui se complètent finalement je crois.

D : DANCE FLOOR
E : J ’aime bien danser… Le rythme est le moteur de notre musique, cependant je ne pense pas que notre style soit particulièrement club…

E : ETIENNE JAUMET / SOLO PROJECT
E : J ’ai sorti un morceau sur VERSATILE qui s’appelle "repeat again after me"… qui marche bien… 14 mn de psychédélisme avec un super remix de AME… J’ai également sorti "doudouk" sur la compilation VOYAGE du label PANEUROPEAN RECORDING… C’est marrant toutes ces sorties m’ont été proposées un peu par hasard… Le premier est électronique et l’autre acoustique…



F : FILMS CULTES
N : Cette question revient souvent. Forcément, à cause de notre nom et de la musique instrumentale qu’on joue. On ne s’en cache pas. Les BO de John Carpenter, Roméro et de Dario Argento utilisent les mêmes instruments que nous, et sont des références essentielles pour nous.
E : Pas de films cultes sans BO exceptionnelles ! Elles m’ont marqué autant que les images…

G : GUITARES
E : On en a voulu sur l’album… On a demandé à Yaya d’Herman Düne, Romain de Turzi et Jay de Friction de s’en charger… Le rock c’est notre culture de base et on ne voulait pas qu’il n’y ait que des sons électroniques…

H : HURLEMENTS
E : C’est notre expression vocale favorite !
N : On aime bien faire peur aux gens !

I : IMPROVISATION
E : C’est ce que je préfère faire ! J’aime cette sensation de ne pas savoir ce qu’il va se passer dans la seconde suivante… Ca stimule l’imagination…
N: C’est comme ça qu’on construit nos morceaux. En improvisant. Je pense que notre musique est finalement très proche du jazz, où l’on trouve un thème et on élabore des variations autour, il n’y a pas de couplet-refrain comme dans la pop ou la chanson de façon plus générale.



J : JOHN CARPENTER
E : Un réalisateur genial doublé d”un musicien hors pair ! Qui pourrait mieux que lui savoir quel son ira le mieux sur ses images !
N: “Assault on Precinct 13” son premier film [ndlr : son troisième film (1978), en fait] et “The Thing” (1982) sont je crois mes préférés.

K : KRAUTROCK
E : C’est le style musical auquel les journalistes nous associent le plus souvent ! Il est apparu à la fin des années 60... Cela me semble tellement loin, j’étais même pas né !
N : Mais bon, c’est vrai qu’on adore Can, Neu, Harmonia, Cluster, tous ces trucs là, où le rythme est fondamental.

L : LIVE
E : On a quasiment commencé à faire des lives avant de composer... J’adore jouer... C ’est sur scène que je me sent le plus à l’aise... J’ai l’impression que tout y est possible !
N : Notre musique est différente live et sur disque, je crois que c’est vraiment sur scène qu’elle s’exprime, et qu’on peut vraiment jouer avec l’imprévisible, on ne sait jamais combien de temps les morceaux vont durer et quelle direction ils vont prendre, c’est jamais pareil, c’est ça qui est excitant !

M : MP3 vs VYNILE
E : Le numérique cheap contre le savoir faire analogique… En tant que mélomane je consomme beaucoup des deux !
N : C’est paradoxal de voir comment la qualité sonore s’est détériorée avec le progès technique. Les kids, aujourd’hui n’ont jamais rien écouté d’autre que des mp3, ils vivent dans le monde des aigus saturés qui font mal aux oreilles, c’est un trip, mais pas le mien !



N : NEW YORK

E : On y a pas encore joué… C’est mon rêve… Tant de belles musiques se font là bas…
N : C'est de là que beaucoup de choses qu’on aime viennent. Surtout à la fin des années 70 et au tout début des années 80, avec Suicide, DNA, Liquid-Liquid.

O : ORDINATEUR

E : Je suis littéralement scotché au mien… Par contre je ne l’utilise pas pour faire de la musique…
N : Pareil pour moi, c’est tellement ennuyeux les sons d’ordinateurs. Les gens font tous la meme chose avec, c’est déprimant, c’est l’uniformisation de la musique.

P : PSYCHEDELIQUE

E : J’ai l’impression que ce mouvement redevient à la mode… Je suis fasciné par cette musique… J’ai l’impression que l’on y perd un peu nos repères et que les musiciens s’y expriment avec plus de liberté…
N : Ce qui est intéressant, c’est les recherches de types comme Ginsberg et de sa Dream Machine à la fin des années soixante, qui voulait reproduire avec le son et la lumière les effets des drogues hallucinogènes comme le LSD, c’est ce genre de sensations qu’on essaye de reproduire avec notre musique.

Q : QUÊTE

E : Ce mot est assez loin de nos préoccupations… Je ne recherche rien d’autre que de me faire plaisir en musique… Pas de plan de carrière et encore moins de quête de je ne sais quoi…

R : REPETITION

E : On répète quasiment jamais… Je ne sais pas de toute façon, si ça nous aide à mieux jouer…
N : Plutôt musique répétitive, ce qui fait qu’on n’a pas besoin de répétitions !



S : SILVER APPLES

E : Un groupe très important pour moi ! Un des précurseurs de la musiques électroniques modernes ! Trop peu connu hélas ! Pourtant au combien seminal !
N : Simeon est l’un des pionniers des synthétiseurs avec ses oscillateurs à la fin des années 60, et les rythmiques sont très originales pour l’époque. C’est une musique qui ne ressemble à rien, c’est fascinant! Et on est tellement content de pouvoir faire leur première partie pour la sortie de notre album, le 6 mars au Nouveu Casino!

T : TANDEM

E : Et oui, on est deux ! Cela nous laisse beaucoup plus de liberté pour nous exprimer… C'est très stimulant !
N : On joue beaucoup avec ça. Cette “action-réaction” qu’il peut y avoir à deux. L’équilibre peut vite se déstabilser. On ne peut pas compter sur une tierce personne si ça ne va pas, et c’est ça qui est excitant!

U : UNDERGROUND

E : C’est notre culture… Jj’aime beaucoup la musique populaire, mais je préfère encore plus ces petits groupes obscures et leurs énergies spontanées et comunicatives !
N : Plus personne n’est underground aujourd’hui avec la visiblité que peut te donner Internet, si l’on compare à il y a 20 ans. Depuis chez toi tu peux faire écouter ton groupe dans le monde entier sur myspace, il n’y a plus grand monde sous terre maintenant, mais il y a peut-être trop de monde à la surface pour s’y retrouver par contre.

V : VERSATILE RECORDS

E : Ils nous ont signé après avoir vu un concert ! Sans avoir entendu un seul morceau en demo ! Il existe très peu de label capable d‘une telle ouverture d’esprit et d’un engagement aussi fort !
N : C ’est avant tout un label de musique électronique avec des artistes intéressants comme I:Cube et Joakim, un univers qui n’est pas du tout le nôtre au depart, mais avec lequel on s’accomode plutôt bien, c’est une chouette rencontre!



W : WEB

E : Je m’y balade les yeux agards, les doigts tendus complètement hypnotisé…

X : akai arp pro dgX & AUTRES SYNTHETISEURS & THEREMIN

E : Akai non ! ARP oui ! J’adore cette marque américaine concurrente de moog toute aussi attachante ! Merci léon [ndlr : theremin] pour ce merveilleux instrument auquel tu as donné ton nom !

Y : YO vs YEAH

E : Houla, mon pauvre, tu es à cours d’idée là ! Impossible de te répondre sur ce coup là, c’est trop tordu !
N : Moi je suis plutôt « yoyo » !

Z : ZOMBIE ZOMBIE

E : Au départ on s’appelait Zombie, mais comme on nous a dit qu’il y avait un ZOMBI américain, pour éviter les ennuis, on a longtemps réfléchi, puis on simplement doublé notre nom…
N : Et si ça va toujours pas, on s’appellera zombie-zombie-zombie !

Propos recueillis par O:liv. Introduction par Julien Coudreuse. _ Février 2008.


liens

zombie zombie
etienne jaumet
versatile records

album

A land for renegades [Versatile Records]