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part I - part II

 

 

II – 2006/2007 : Je ne finis rien. Ce sont les gens et les choses qui se finissent en moi.




Mathieu Copeland te propose donc ce projet son/texte/vidéo qui te mènera jusqu’à Hong Kong. L’œuvre résultante qui est exposé en ce moment au Hong Kong City Hall s’apelle "Prise de son dans un hopital". Peux tu nous décrire cette œuvre ?

C’est un film en 16 mm, beaucoup plus posé qu’Appelle ça comme tu veux, avec un rythme assez contemplatif par moments. Le film tente de parler de quelque chose dont on ne peut pas parler. Cette chose se situe entre. Entre les gens, les choses, les termes.

Pourquoi Mathieu Copeland t'as-t-il proposer de réaliser cette oeuvre à Hong Kong ?
Suite aux textes que j’ai écrit au sein de Programme, Mathieu voulait me confronter directement à une mégalopole. Mon premier contact a été assez halluciné comme on peut s’en douter. Mais il n’y a pas dans le film les images qu’on voit souvent et qui se servent de cette architecture assez démente. On ne voulait pas faire ça. Le film reste plutôt proche des gens. Et ces gens posent un problème à l’existence « normale » de la ville. Ce sont des arrêts dans une ville en mouvement perpétuel. Quelque chose résiste dans la nature humaine. Et ces arrêts instaurent un lien naturel entre des gens qui ne se connaissent pas. Impossible de rentrer dans de plus grandes explications sur un film comme celui-là.

Dans quelles conditions le tournage s'est-il déroulé ?
On est resté 8 jours. Il a fallu repérer les lieux, répéter avec les acteurs, et tourner. L’Alliance française de Hong Kong avait organisé les castings pour les acteurs, et loué un tramway qu’il nous fallait.

Grâce à ce nouveau projet, tu t’es remis à l’écriture de textes qui ce sont transformés en chansons. Tu as ensuite réuni huit nouveaux morceaux sous forme d’un mini-album à paraître mi-juin chez ici d’ailleurs : Poing Perdu.
J’ai écrit et composé cet album chez moi, dans les Pyrénées, où je vis maintenant. J’ai tout fait dessus. Comme je disais, ça a été une action de survie de le faire. J’avais l’impression de disparaître, et de perdre confiance dans les autres, en moi également. Il fallait que je pose des mots et des sons sur ce que je ressentais. Pour pouvoir passer à autre chose aussi. C’est un premier album qui pourrait être aussi un dernier. J’en ai fini pour quelques temps avec moi avec ce disque. D’où ma nouvelle identité pour Programme, « Agent Réel ». Je voulais écrire des chansons plus directes. Un truc où t’arrives à exprimer ce que tu ressens, rapidement, sans trop broder. Où ce que tu crées est moins important que ce que tu es, et que ce que t’as à dire. Sortir des questionnements esthétiques encore.

Il me semble que c'est ton disque le plus intime, le plus personnel.
C’est un disque où il y a plus de sentiments, aussi bien niveau textes que sons, plus de simplicité. Il y a une double affirmation, en même temps de la solitude et du groupe. Tout ce que je présente en ce moment est cette tentative transitoire, du constat vers l’affirmation. Un geste. Sur cet album, j’ai voulu aussi travaillé la structure, le chemin du disque. Comme un tout. Me servir des styles comme s’il y avait un phénomène d’équivalence entre eux. Le cœur du disque est ailleurs.

Sur plusieurs titres de l'album on redécouvre un son plus rock que sur tes précédents disques avec programme.
Le côté rock s’est imposé, même si au final il y a plusieurs styles sur le disque, comme sur mes disques précédents, et que c’est dans la continuité quand même.

Le titre de ce nouvel album poing perdu ainsi que le titre des nouvelles chansons [Poing perdu I - J'attends - Mille voix - Mourir idiot - Je suis le peuple sans visage - Poing perdu II - A travers les gens comme au fond de moi - Poing perdu III] laisse présager que la tonalité de ton écriture est toujours aussi sombre.
Tu trouves mon écriture sombre, je ne sais pas trop quoi te dire. C’est critique sur la façon dont je fonctionne, et sur le monde autour aussi. J’essaie de comprendre ce qui se passe, dedans et dehors. Pour moi c’est salutaire, donc positif, donc pas sombre… Dire que tout va bien si tout ne va pas bien et qu’on le sait, ça me paraît plus obscur comme fonctionnement.

Dans les mois à venir on va pouvoir découvrir ces nouvelles chansons sous forme de performances/concerts dans lesquelles tu vas fusionner tes différentes expériences audio-visuelles. Quelle forme vont prendre ces performances ?
Sur scène je suis accompagné par R, guitariste qui jouait avec Nonstop aussi. Le set est composé de moments avec des projections + les guitares, la voix et quelques sons préenregistrés. Et d’autres moments juste avec les guitares et la voix, sans projection. Ça crée un effet de réel. C’est nu et ça joue sur la force. Pour le reste, ce qui m’intéresse c’est le lien qui se crée entre tous les gens qu’on voit sur l’écran et ce que je dis. Le chantier de liens que ça représente. Les deux films et l’album sont réinterprétés d’une autre manière, juste pour les concerts. C’est une façon de renommer les choses en même temps, pour qu’elles renaissent ou juste qu’elles continuent d’exister. Qu’elles restent unes et multiples. Hors des cases. Ça soigne aussi mon allergie récente à "l’idée d’aboutissement et de résultat", en continuant les projets d’une autre manière.

Et l'étape suivante ?
Je vais commencer à monter les images de notre tournée en 2002 avec Programme, dans l’optique de faire un Dvd. Et on compose aussi des nouveaux titres. Et je vais écrire un nouveau film.

Propos receuillis par Olivier Le Fur. Introduction par Julien Coudreuse. _ Juin 2007

média
le teaser de "appelle ca comme tu veux".
2 titres en écoute sur ici d'ailleurs booking.

liens

ici d'ailleurs
mathieu copeland

album

Poing Perdu [ici d'ailleurs]