w-h-y ?
 


christian _ guitare


christophe _ chant


stéphane _ batterie

 

 

velma [suisse]


Originaire de lausanne, ce collectif suisse n’a pas réussi à choisir entre la musique et le théâtre, le rock et l’électronique, le punk ou la pop. Savant mélange de ces multiples ingrédients, leurs albums tous comme leurs performances live prennent souvent le public à rebrousse poil. Pour velma, un concert va au-delà d’une représentation classique et échappe totalement aux codes établis. Méconnu en France, ils ont pourtant plus d'une dizaine de références à leur actif, un quatrième album déjà en gestation devrait voir le jour en France courant 2005. Les programmateurs de la route la route du rock ont flashé sur ce groupe insolite lors du festival electroni-k l’année dernière à rennes, c’est donc au fort de st père que nous avions le plaisir de les retrouver cet été pour une interview mêlant optimisme, humour 'suisse' et résignation, le tout autour d’un verre de ty-punch, et au pied de notre tente.


Pour commencer, comment présenteriez-vous velma ?
christian : ...

stéphane : ...

christophe : ... le meilleur groupe suisse !


… En cherchant un peu sur internet on peut tomber sur votre site : www.velma.ch, celui-ci présente deux projets distincts : un projet musical et un projet plus orienté vers des performances scéniques proche du théâtre.
christophe : C’est le même projet… enfin… Ils portent le même nom. Ce sont des performances. On se produit dans d’autres lieux avec un autre public.

stéphane : En fait ce qu’il y a de semblable c’est la musique; on part toujours de la musique… On peut en faire autrement, dans des clubs, dans des théâtres ou sur un album.


Vous introduisez le rock dans les théâtres et le théâtre dans les salles de concert. Vous jouez beaucoup sur le paraître, sur le jeu de scène, vos concerts sonts de vraies performances scéniques.
stéphane : Tous les groupes ont un jeu de scène… mais, oui c’est travaillé, forcément.


Quelle approche cherchez-vous à aborder lors de vos concerts ? Lorsque l’on vous rencontre, vous paraissez, drôles, joviales et souriants. Sur scène vous jouez des personnages froids, distants presque antipathiques.
christian : J’t’en prie !

stéphane : Beaucoup de groupes empilent les morceaux sans trop communiquer avec leur public, d’autres arrivent sur scène super jovial, comme tu le dis, ‘hello tout le monde ! Comment ça va, il fait beau aujourd’hui !’. Nous on joue sur certains codes, on va essayer de trouver un autre rapport moins… superficiel, c’est peut être un peu ambitieux… mais…


C’est assez violent de ne pas réagir du tout au public, aux applaudissements, ça agresse d’une certaine façon.
stéphane : Il ne faut surtout pas le prendre pour du snobisme, parce qu’il y a des groupes qui font ça par arrogance… nous, non, ça fait partie de cette 'mise en scène'. En fait, on tente d’atteindre une présence neutre, un genre de niveau zéro de réaction.


Quel est votre parcours musical ? Ou plus largement artistique ? Avez-vous tous pratiqué le théâtre en parallèle ?
christophe : Non, nous n’avions jamais fait de théâtre avant velma. Enfin si, stéphane… Christian et moi venons plutôt du punk rock.


C’est assez surprenant. Quoique, c’est ce qui expliquerait votre attitude scénique si radicale...
stéphane : Je ne suis pas le mieux placé pour parler du punk, vu que je suis le smurfeur du groupe… mais j’ai l’impression que l’influence punk, elle est dans tout le travail de velma, derrière cette façade très calme, il y a toute une violence intérieur…


Votre scène est très dépouillée à l'image de votre présence scénique. Christian à la guitare, christophe au chant et stéphane à la batterie et machine…
stéphane : Machines c’est beaucoup dire, on ne débarque pas avec toutes nos machines, ordinateur ou Dj… jusqu'à présent en tout cas…


Ce serait quelque chose qui vous intéresserait de rajouter des machines ou un Dj ?
stéphane : Ecoute, au fond, ça change quoi des mecs qui viennent avec trois camions de matos et qui appuient sur play, ou un gars tout seul qui vient avec son lecteur CD et qui appui sur play ? C’est juste plus léger, surtout que l’on n’a pas les moyens de s’acheter un gros camion… Ca change quoi ? Ce qui est intéressant après, c’est ce que tu en fais. Le travail on le fait plus sur la sensibilité du jeu acoustique, la guitare, la voix, la batterie, mais bidouiller le son avec des filtres et tout… comme ils font tous, en fait. Ça, ça nous intéresse moins.


La musique que vous proposez est assez originale, pour ceux qui on pu avoir la chance de vous voir sur scène, c’est un spectacle unique ou les codes du rock ou de la pop sont bousculés par votre mise en scène. Avez-vous des difficultés particulières à vous produire… En France par exemple.
stéphane : En fait c’est un cercle vicieux. Pour jouer en club ou dans des festivals, tu as besoin d’être distribué. Y’a tout un réseaux de production, distribution, label… Mais là en l’occurrence, on a eu la chance de rencontrer des gens qui ont flashé sur notre travail en live par exemple, qui nous ont proposé de venir jouer à st Malo sans être distribué en France.


Pour l’instant vous êtes distribué par un label suisse et quasiment que en suisse. Est-ce un choix du label ? Vous ne souhaitez pas vous exporter ? Velma est une exception helvète ?
stéphane : Non, non, on s’en fou d’être distribué, on est bien en suisse, on est bien avec notre disque, on cherche pas à le distribuer !!! Non, bien sur, on travaille vachement la dessus, mais c’est comme plein de groupes, ce n’est pas évident, en plus avec la musique que l’on fait… mais on y travaille.


Vous venez de sortir un 45 t chez lykill [www.lykill.com], vous multipliez les projets [velma a sorti plus d’une dizaine de projets sous différents formats : 45t, split, album, créations musicales pour des installations], cette collaboration avec lykill est-elle partie d’une idée particulière ?
christian : Ce sont des gens qui aiment notre travail depuis le début et puis ils nous ont proposé une collaboration. Pour nous c’était intéressant pour l’évolution de notre musique d’essayer des choses avec ce type de label. Le lykill, c’était vraiment une nouvelle direction beaucoup plus musicale que l’on prend pour le nouvel album, c’était l’occasion d’essayer.

stéphane : Ludwig [ndlr : le dernier album sorti en 2003] est très électronique, par contre le lykill est beaucoup plus rock, les voix et les guitares beaucoup plus présentent.


Ce serait une direction que vous recherchez, le fait de mettre les guitares plus en avant, ou le coté un peu plus rythmique de ces deux nouveaux morceaux ?
christian : Oui, cette envie est née de la rencontre avec dälek, un groupe de hip hop américain avec qui on a fait un split. Cette rencontre nous a ouvert d’autres horizons. Il font un hip hop super violent, dark, expérimental que nous ne connaissions pas avant. Donc c’est cette nouvelle direction, un tout petit peu plus énergique on dira, qui nous intéresse.


Le hip hop est un courant auquel vous vous intéressez également ?
stéphane : Oui, je pense que c’est là qu’ils sont le plus inventifs en ce moment. Quand on voit ce que sortent des labels comme lex, mush, anticon ou des groupes tels que dälek…


Y’aurait-il des collaborations possibles sur le nouvel album. Dans ce genre de milieu, les collaborations producteur/Mc’s sont courantes ? Christophe, aimerais-tu travailler en duo… ?
christophe : Jamais… même si eminem rampe par terre, me supplie… ce sera NON...