beans
[états unis]
Plus
d’un an maintenant que Anti pop Consortium [APC],
l’un des meilleurs collectifs hip hop américains
c’est séparé. Premier à
sortir un album solo, Beans nous accordait une interview
lors de son passage à Paris en Avril dernier.
Aujourd’hui, c’est avec un Maxi 9 titres
‘Now soon someday’, réponse a son
‘Tomorrow right now’, qu’il clôture
un premier chapitre. En tournée européenne
pour promouvoir ces six nouveaux morceaux, il sera
de passage au batofar le jeudi 25 février.
Dans sa chambre d’hôtel près de
Pigalle, nous nous étions entretenu sur son
parcours de la ‘poetry sing’ à
son arrivé chez Warp, de sa vision du hip hop,
tournée vers le futur, mais toujours proche
de ses racines.
w-h-y ?. Ce n’est pas la première fois
que tu viens a Paris, comment te sens-tu ici ?
Beans. Ho cool, je passe du bon temps.
La vie est vraiment peace. Comme tu le disais ce n’est
pas la première fois que je viens à
Paris… Mon rapport à la France s’est
construit petit à petit. Et en tant que Beans,
mon projet solo, il se passe quelque chose comme un
cycle, mais la boucle n’est pas encore bouclée.
Je fréquente les mêmes scènes,
les gens commencent à être plus habitués,
à me voir en tant que soliste en dehors de
APC. Tu sais, il a fallu deux albums avant que l’on
soit vraiment reconnu… Mais jusqu’ici
tout va bien…
Quel rapport entretiens-tu avec la France, son histoire,
la bouf… etc ?
Hum […] je ne sais pas trop, je ne peux parler
que de mon expérience personnelle… Je
n’ai pas vraiment de relation romantique, culturelle
ou historique avec la France, je n’ai pas ce
genre de stéréotype qu’ont beaucoup
d’américains. Ce sont plutôt des
souvenirs liés à mes concerts avec APC
ou en solo. Par exemple je garde un merveilleux souvenir
de notre premier contact avec le public des Transmusicales
de Rennes [ndlr : en 2000], ou notre première
date à Paris au Batofar… La découverte
du Mains d’œuvres… C’est vraiment
lié à ma propre expérience.
Ton projet Solo en tant que Beans se rapproche
de tes débuts dans le slam. Peux-tu nous raconter
ton parcours à travers ce milieu ?
Je ne me revendique pas du slam,
j’appellerais ça plutôt de la ‘poetry
sing’. C’était au début
des années 90… J’ai rencontré
une fille, une poète, qui m’a emmenée
dans différents lieux… c’est là
que j’ai été exposé à
tout ça, ce qui m’a ouvert l’esprit
sur différentes choses… par exemple j’ai
rencontré des gens comme Priest ou Mike Ladd,
qui eux, étaient déjà impliqués
dans le mouvement, c’était quelque chose
de novateur à l’époque…
Ok, donc les paroles, les textes ont vraiment une
grande importance. Peut être même plus
d’importance que la production musicale ?
Non, les deux vont de paire. Les
textes sont importants, mais faire de la musique pour
moi est vraiment cruciale. En fait, j’ai essayé
de faire en sorte que chaque chanson ait une différente
personnalité, à l’image de ma
propre personnalité. J’essaie d’explorer
différentes facettes. Ta question est semblable
à : qu’est ce qui est venu en premier
? L’œuf ou la poule ? Ca n’a pas
vraiment d’importance, chaque aspect complémente
l’autre suivant ce qui est exprimé dans
la chanson.
Qu’est
ce qui t’as poussé à sortir un
album solo ?
J’ai toujours voulu le faire,
ça a toujours été un de mes objectifs.
En fait APC n’était pas vraiment un groupe,
c’était plutôt trois personnes
qui avaient chacune leur projet individuel et qui
ont faits 3 albums ensemble. C’est toujours
plus simple, plus rapide de travailler seul.
Peux-tu donner davantage d’explications sur
le groupe et vos relations…
On a splitté en juillet,
l’album est sortit la première semaine
de sept [2002], mais en fait je bossais déjà
sur mes projets solos et mes tournées.
Le dernier album de APC est sortit chez Warp,
‘Tomorrow right now’ également.
Pourquoi rester chez Warp, alors que Lex records [label
hip hop proche de Warp] vient d’ouvrir son catalogue
?
Je préfère rester
sur Warp parce que je suis le seul MC sur Warp. Pourquoi
devrais-je rejoindre d’autres MCs ? Sans dire
qu’il y ait quelque chose de mal ou de bien
à propos d’eux… Pourquoi j’ai
signé sur Warp ? Tout simplement parce que
j’apprécie leur musique et je respecte
d’où ils viennent. J’ai toujours
été fan des artistes qu’ils ont
signé…
C’est surprenant que vous disiez ça,
car vous donnez l’impression de vous immerger
parfaitement dans les différents univers auxquels
vous êtes confrontée. Si bien que l’on
se demande parfois si tous ces projets n’ont
pas été réalisés pour
vous spécifiquement.
Pourtant, aucun de ces rôles n’a été
écrit pour moi. Mais c’est ça
jouer, pour moi. C’est trouver le petit tour,
le petit lieu que l’on est le seul à
occuper de cette manière-là. Ce n’est
pas un lieu forcément spectaculaire. C’est
juste un endroit de soi-même où on fait
les choses d’une manière qui n’appartient
à personne d’autre, et que l’on
parvient à donner à voir aux gens. Sans
se demander si c’est bien ou pas. Simplement
en montrant, quand ça passe par soi, ce que
ça donne.
Tu te considères comme un artiste hip hop,
un MC à part entière, mais on peut écouter
ton premier album comme un album électronique.
Pourquoi et d’où viennent ces influences
?
Je crois que je reste un artiste hip hop, mais en
fait, les débuts du hip hop étaient
très proches des musiques électroniques
actuelles. Je n’ai jamais fait de distinctions
précises entre les deux styles. La musique
que compose Autechre aujourd’hui n’est
qu’une extension de ce qui a déjà
été fait au début du hip hop.
Il y a toujours eu des connexions entres ces ‘genres’.
Finalement, tu restes proche de ces racines en particulier
(les débuts du Hip Hop proches de l’électro).
Absolument ! J’essaie de rester
dans cette tradition du hip hop initial.
Pourquoi ?
C’est rudimentaire, c’est
ce hip hop là que j’ai écouté
en grandissant.
Mais pourtant tu ne t’y attaches pas…
Je pense que je ne m’y colle
pas exactement, j’essaie d’ouvrir ma musique
à ce que j’écoute, j’essaie
de rester ouvert d’esprit, et de montrer des
choses nouvelles à mon public.
Ce qui te fait te détacher d’un
hip hop plus conventionnel auquel nous sommes plus
habitué [Wu tang, Dre, Eminem…].
Je dois être fidèle
à ce que j’écoute, et d’où
je viens. Je suis la somme de mes influences. Dr Dre
est un vrai génie, un excellent producteur…
Mais ce n’est pas parce qu’il existe certaines
voies – plusieurs champs de recherche dans le
hip hop – que ces voies sont bonnes pour moi.
Comment as-tu découvert les musiques électroniques
?
Ce sont différentes étapes,
différentes transitions… Par exemple
quand j’ai débuté dans la ‘poetry
sing’, j’étais influencé
par le jazz, ensuite le jazz m’a emmené
au free jazz, et du free jazz j’ai exploré
différentes tendances, comme la musique concrète,
c’est là que j’ai découvert
Autechre… J’écoutais également
beaucoup cette radio, NYU, qui passait beaucoup de
musique électro, et qui m’a fait découvrir
énormément de choses.
Autrement il y a quelques années, j’ai
bossé en tant que vendeur dans un magasin de
musique spécialisé qui s’appelait
Other Music. Et c’est vraiment un magasin qui
a enrichit mon éducation. Mais j’étais
toujours en train de chercher des trucs différents.
Déjà à cette époque, j’avais
un projet de free jazz électronique avec Priest
qui s’appelait Blank Slates. On a alors commencé
à traîner avec le crew Soundlab et DJ
Spooky et plein d'autres mecs de cette mouvance…
Ca a vraiment été un processus graduel.
Tu as d’ailleurs récemment participé
à un projet free jazz avec Matthew Ship. Mais
te sens-tu proche d’autres courants actuels
à NY ? Comme le rock qui connaît un regain
d’activité.
Ouais, bien sûr, j’aime
beaucoup Interpol par exemple, et j’aimerais
collaborer avec eux sur le prochain album. J’adore
DFA, The Rapture, LCD Sound System, James Murphy,
Lightning Bolt ou Black dice mais c’est assez
underground...
Dernière question. Au sein de APC,
tu n’as quasiment produit aucun morceau. Aujourd’hui,
tu composes l’ensemble des titres. Comment fabriques-tu
ta musique ?
En fait c’est très
simple, la base de l’album a été
composée sur un 4-pistes avec un pauvre clavier
Casio auquel il manque des touches. J’ai également
une boite à rythmes de base, un vieux synthé
Korg. Très simple…
Mais le son reste vraiment pro, vraiment produit…
Ouais, mais ça c’est
le boulot de Chiky.
Qui est ce Chiky ?
Chiky est ingé-son au Manhattan
Sound Studio. Il a bossé avec Timbaland entre
autres, avec qui il a mixé le ‘get your
freak on’ de Missy Elliot ou ‘try again’
de Allyah. Et c’est lui qui a mixé l’album.
D’autres collaborations sur l’album
?
J’ai enregistré les
voix dans la cave de Earl Blaize…
Merci.
julie et O:liv _ avril 2003 - Paris
kroni[k]s
Beans_Now
soon someday [warp records_2004]
Beans_Tomorrow
Rignt Now [warp records_2003]
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Pop Consortium_APC vs Matthew Shipp [thirsty ear_2003]
Anti
Pop Consortium_the ends against the middles EP [warp
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lien
warp
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