w-h-y ?
 





 

 

RIEN [france]


w-h-y ? commence l'année par vous faire des cadeaux. A l'occasion du prochain concert de RIEN, le 22 janvier au Glaz'art, nous vous offrons la possibilité de gagner 3 albums 'Requiem pour les baroqueux' sortis l'année dernière. Ce collectif trouble venu de Grenoble joue de la musique en rêvant absurde, des morceaux comme des collages surréalistes, dans des tonalités proche un temps de la Constellation montréalaise, ailleurs plus resserré autour d’un chant évoquant le meilleur d’un rock français. Impressionnant premier album.


Préambule : il n’est pas toujours aisé de répondre d’un même élan, vif et sincère, à des questions qui nous touchent tous au plus profond de notre chaire. Las des querelles intestines, nous nous devions de répondre chacun de manière franche et libérée, c’est à dire loin de tout paradigme dogmatique scandé par un quelconque gourou paraplégique névrosé, afin de donner une vision élargie des actions menées jusqu’à ce jour par l’Amicale Underground. C’est donc pour laisser les différents (divergents) avis s’exprimer que plusieurs réponses sont apportées à chacune des questions. En espérant que les réponses données, même si elles sont parfois verbeuses, parfois simples ; parfois maladroites voire un peu gauche tout de même, parfois droites et directes, apporteront à votre ouvrage autant de pierres qu’il est nécessaire à la lapidation d’un fox terrier.

Yugo - RIEN


Rien, groupe ou collectif ? Musical ou pluridisciplinaire ? Et surtout, depuis quand?
Yugo : Le terme « collectif » étant fortement galvaudé de nos jours, c’est en avril dernier, que les membres qui le composent ont décidé d’opter pour l’appellation d’Amicale. Le mot « Underground » a été ensuite juxtaposé au premier pour donner : « l’Amicale Underground » afin de donner une orientation désuète, en forme d’hommage à nos grands parents, tout en préservant au travers de cette oxymore (l’underground n’est jamais amical) le non-sens qui est notre ADN propre. Dans la suite des réponses, le terme collectif est utilisé de manière historique afin de nommer les personnes qui officiaient, ou pour la plupart officient toujours, derrière le grand Rien tentaculaire dont la naissance remonte à décembre 1999.

Drexl : J'ai envie de répondre oui à tout, mais ce serait mal, et tu pourrais éventuellement te faire des idées qui n'auraient pas lieu d'être, bien que parfois. Depuis l'an de grâce 2001, le collectif Rien dans sa forme mouvante ne cesse d'évoluer vers une architecture infra-statique qui encore aujourd'hui reste à définir pour le commun de ses membres psycho actifs. Il arrive que l'on se regarde en chien de faïence voire de porcelaine et qu'on se dise au détour à quoi bon ? Pourquoi ces facéties lunaires à la petite semaine alors que tout pourrait être si simple ? Et bien tout simplement parce que rien n'est jamais simple.

dos.3 : Plutôt collectif car beaucoup d’intervenants extérieurs que ce soit sur l’album ou pour les concerts mais quand même un noyau permano-créatif (autrement appelé groupe ) constitué de 4 personnes (goulag, Yugo, dos.3 et { }) qui compose. On « fait appel à… » après.

Bibifuck : Vos interrogations quant à la définition formelle de ce qui n’est pour moi qu’une sorte de horde, sauvagement éprise d’une liberté qu’elle-même ne comprend que sous sa forme la plus superficielle, ne m’intéressent guère. Rien à voir avec la clarté de la maïeutique utilisée par les habitués du forum haut en couleur du site flamboyant de notre maître à tous Patrick Fiori. Quant à la date, je dirais que tout a commencé quand un paysan grésivaldien du XIIème siècle, promenant son ivresse sur un sentier défoncé, s’arrêtât brusquement devant un étrange animal et dit: Wouahh! La vache.


Qui joue quoi ? Ou est-ce que quelqu'un joue de quelque chose ? Ou est-ce que personne ne joue de tout ?
Drexl : Les membres du pendant musical nihiliste ne jouent pas, ils se la donnent grave. Et réciproquement.

Bibifuck
: Personnellement, j’avoue avoir une fâcheuse tendance à jouer aux GI joes plutôt qu’à mes anciens amours les legos. C’est triste, mais autant voir la vérité en face, je vieillis.

Yugo
: Drexl exagère toujours un peu. Disons que nous avons sur scène des instruments de prédilection :

Yugo : Guitare Japonaise
dos.3 : guitare mexicaine
Goulag : Basse américaine
{ } : batterie coréenne

Après il se trouve qu’en studio certains membres du groupe ont joué de plusieurs instruments. Drexl et Bibifuck sont des intervenants prêts à tout, même à changer de nom lors de leur happening désuets : de Otto et Otto à John et John en passant par Piotr et Piotr, tels sont leurs sobriquets de fortune suivant la langue dans laquelle ils s’expriment. Enfin, Monsieur F. est un ancien des RG reconverti dans le happening saugrenu. C’est un peu notre gourou incandescent.


Vous venez tous de Grenoble ? Faites vous partie d'un ensemble plus large ? Comment se porte la scène grenobloise, êtes vous bien entouré ?
Drexl : Bien que le batteur ait souvent été aperçu aux alentours frauduleux de Limoges la grande, Limoges la paillarde, l'ensemble du collectif vient EFFECTIVEMENT de Grenoble, mais ne la ramène pas trop à ce sujet vu le prix de l'eau. La scène grenobloise va bien, j'irais jusqu'à dire qu'elle t'embrasse, et quelques-uns de ses plus augustes représentants, tel que le grand Jull à la voix de rocher balte, participent à l'occasion aux atermoiements musicaux qui portent Rien vers un semblant de cohérence.

Bibifuck
: Je suis heureux que vous posiez la question, car en effet, il est pertinent de préciser que je suis né à Paris XIII, à la douillette clinique Isis, et que cette honteuse origine m’est en permanence reprochée. Oh, bien sûr, pas ouvertement, mais plutôt dans les regards, les petites réflexions perfides, les humiliations au quotidien, les séquestrations, les double-pénétrations… Malgré l’aide du Limogeois, il m’arrive encore de vouloir mettre fin à mes jours, voir même à mes nuits, et puis je me dit que non, après tout, c’est ça la province, peu de culture, la peur de l’étranger, et toutes ces choses banales dont on ne parle plus…

dos.3
: On vient tous de Grenoble ou des proches alentours. Il y a d’autres projets pour certains membres ([MelK], L’anglais, Kin d’air sur prise…). La scène grenobloise se porte bien, beaucoup de bons groupes dans des styles variés, peu de structures pour les concerts/nombres de groupe.

Yugo
: Des musiciens appartenant à 5 groupes différents ont participé à ce disque. Etonnemment, la plupart de ces musiciens jouent dans des groupes de reggae… Pour ne pas les citer : shaady, very big jah brass band, Brassetafarai, Root’s secours et Jull of course… La scène va plutôt bien et il y a un réel engouement du public autour des artistes dit locaux. Chaque année, un disquaire indépendant de Grenoble, le magic bus, édite une compilation regroupant une sélection d’artiste du cru. Elle se nomme la cuvée Grenobloise et est pressée à 2000 exemplaires.


Rien, ce nom, tranchant, est-ce à prendre de façon désespérée ?
Drexl : Mais non, voyons, un peu de tenue. C'est simplement l'opposé de tout, il ne faut pas le prendre comme ça, merde.

Bibifuck
: Excusez mon collègues, il a vu hier le concert de Saez, et a violemment insulter son père, on le ramène, vous occupez pas…

Monsieur F.
: Il y a plusieurs types de réponses à cette question. Il faut se rappelé la formule, tant appréciée des philosophes grecs : " Du néant, rien ne saurait procéder" qui est devenu un aphorisme présenté sous la forme d'une locution latine Ex nihilo nihil (Rien ne vient de rien). Par une polysémie habile, il suffit de mettre une majuscule à "rien" pour que cet aphorisme change de sens. C'est aussi en prendre le contre-pied ou alors poser une question insoluble : si rien ne vient de rien pourquoi Rien est-il venu de rien ? En d'autres termes, et pour être plus direct, Rien est né de l'absurde. C'est aussi vrai pour le nom en lui-même que ce que le collectif veut véhiculer.

Ce n'est pas faut pour autant de dire qu'à la base, c'était essentiellement un projet musical, mais essentiellement ne veut pas dire exclusivement. Disons que la musique était présente dès les origines et qu'elle constituait alors le projet le plus avancé. Le nom est venu lors d'une discussion anodine dans la chambre de Yugo en présence de Goulag, Monsieur F et Yugo lui-même. Il a été immédiatement accepté par l'ensemble du collectif.