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artiste : vic chesnutt

album : north star deserter

label : constellation

année : 2007

chroniqué le :
07 novembre 2007
 

Par quels sortilèges certains chanteurs parviennent-ils à faire résonner si profondément dans nos têtes les mots les plus simples ? Comment une âme meurtrie peut-elle s’exposer si aisément aux oreilles du tout-venant ? Si la réponse demeure mystérieuse, la magie opère une nouvelle fois ici.

L’américain Vic Chesnutt n’en est pas à son coup d’essai, lui dont le premier des onze albums est paru en 1990. Son dernier, sorti en septembre cette année, devrait cependant faire date. L’homme s’y présente au sommet de son art vocal. Sa diction particulière fait mouche, tout en mots mâchés et longs en bouche, tordus par son accent sudiste. Mais la véritable surprise de ce disque réside dans sa mise en sons. À l’initiative de Jem Cohen, réalisateur new-yorkais et ami de Chesnutt, ce disque a en effet été enregistré au studio montréalais Hotel2Tango, où la quasi-totalité des productions du label Constellation sont réalisées. Fans absolus des travaux antérieurs du monsieur, les sept membres de Thee Silver Mt. Zion Memorial Orchestra & Tra-La-La Band, accompagnés (entre autres) de Guy Picciotto (Fugazi) ont orchestré ses morceaux. Sur un tapis de violon et de guitares plus ou moins saturées, quelques notes de piano jaillissent ci et là. L’auditeur est plongé dans une atmosphère macabre, tantôt désertique, puis soudain plus chargée en électricité. Quand l’ensemble s’emporte, une batterie accentue l’élan. La guitare acoustique tenue par Chesnutt, légèrement mise en avant, imprime le cap. Le résultat, difficile à dater bien qu’enregistré l’hiver dernier, ne cesse d’impressionner. (Presque) tout ce beau monde accompagnera l’homme en tournée.

Julien Coudreuse