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artiste : the hidden cameras

album : mississauga goddam

label : rough trade

année : 2004

chroniqué le :
24 novembre 2004
 
On connaît le sens collectif des groupes canadiens depuis Godspeed You ! Black Emperor et ses régiments de guitaristes ou, plus récemment, avec la tribu rock Brocken Social Scene. Les Hidden Cameras, de Toronto, font eux aussi dans le double chiffre, mais leur apostolat est autre. Leur truc : une pop carillonnante ponctuée de chœurs à la Beach Boys (“ Pam pam pam ” et “ Tou tou tou ” reviennent souvent) surmontée d’une bonne liasse de cordes.

Le groupe pourrait pourtant se résumer à un seul nom. Joel Gibb est le démiurge de ces fantaisies orchestrées, chanteur, compositeur, crédité d’une interminable liste d’instruments sur le second disque de son gang, Mississauga Goddam. Et notre homme semble bien, au premier abord, se tailler la part du lion. Écoute liminaire, conclusion hâtive : tout contribue ici à mettre son filet de voix agréable et ses refrains en première ligne. Raté. Ce qui fait la différence, c’est la façon dont a été agencé l’écrin de ces circonvolutions vocales, avec la précision d’une dentellière. La palette est large, l’orchestration brillante et claire (avec, en vrac, glockenspiel, trompette, trombone, marimba, cor français…). Notons aussi la ferveur avec laquelle sont interprétés ces cantiques ingénus. La gémellité avec les écossais Belle and Sebastian est évidente, mais quand les Hidden Cameras donnent concert, un petit plus les distinguent à nouveau. À l’avant-scène, un gogo dancer en sous-vêtements agite son passe-montagne pour haranguer ses fidèles. Bien des promesses.

Fabien Bidaud

• Le 3 décembre à Rennes dans le cadre des Trans Musicales (Parc-Expo Hall 4, 23h10>00h) Rens. : 02 99 31 12 10, www.lestrans.com.