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On
connaît le sens collectif des groupes canadiens
depuis Godspeed You ! Black Emperor et ses régiments
de guitaristes ou, plus récemment, avec la tribu
rock Brocken Social Scene. Les Hidden Cameras, de Toronto,
font eux aussi dans le double chiffre, mais leur apostolat
est autre. Leur truc : une pop carillonnante ponctuée
de chœurs à la Beach Boys (“ Pam pam
pam ” et “ Tou tou tou ” reviennent
souvent) surmontée d’une bonne liasse de
cordes.
Le groupe pourrait pourtant se résumer à
un seul nom. Joel Gibb est le démiurge de ces
fantaisies orchestrées, chanteur, compositeur,
crédité d’une interminable liste
d’instruments sur le second disque de son gang,
Mississauga Goddam. Et notre homme semble bien, au premier
abord, se tailler la part du lion. Écoute liminaire,
conclusion hâtive : tout contribue ici à
mettre son filet de voix agréable et ses refrains
en première ligne. Raté. Ce qui fait la
différence, c’est la façon dont
a été agencé l’écrin
de ces circonvolutions vocales, avec la précision
d’une dentellière. La palette est large,
l’orchestration brillante et claire (avec, en
vrac, glockenspiel, trompette, trombone, marimba, cor
français…). Notons aussi la ferveur avec
laquelle sont interprétés ces cantiques
ingénus. La gémellité avec les
écossais Belle and Sebastian est évidente,
mais quand les Hidden Cameras donnent concert, un petit
plus les distinguent à nouveau. À l’avant-scène,
un gogo dancer en sous-vêtements agite son passe-montagne
pour haranguer ses fidèles. Bien des promesses.
Fabien Bidaud
• Le 3 décembre à Rennes dans le
cadre des Trans Musicales (Parc-Expo Hall 4, 23h10>00h)
Rens. : 02 99 31 12 10, www.lestrans.com.
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