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des nouvelles d’un membre des regrettés
Bästard nous met chaque fois du baume au cœur.
Même si dans le cas qui nous occupe ici, il
convient mieux de parler d’uppercut à
l’estomac. Franck Laurino est batteur de son
état. Et batteur dans son cas signifie également
compositeur, expérimentateur, élément
moteur en somme des projets dans lesquels il s’implique.
Le duo qu’il forme avec Cédric Béron
(machines) se nomme Spade & Archer. Autant l’avouer,
ces deux hommes, originaires de Lyon, ne se sont pas
unis pour rigoler.
Leur
deuxième album, « Highway to Jail »
paru récemment sur 0101 - section électronique
de l’inestimable label indépendant Ici
d’Ailleurs - regorge d’ambiances sombres
et impose son climat glacial en 13 titres. Inspiré
du hip hop, tant au niveau des rythmiques que du phrasé
(chant parlé, rageur et désabusé,
hurlements étouffés), l’univers
dans lequel ce disque nous plonge évoque tour
à tour Anti Pop Consortium, Tricky, Dälek,
DJ Krush et Techno Animal. Si la violence est ici
moins frontale que chez ces derniers, la texture industrielle
des sons, résolument urbains, fait constamment
peser une menace sourde et angoissante. Grincements,
distorsions, cliquetis froids et métalliques,
les rouages de cette musique sont passablement rouillés.
L’heure est à la contemplation…
d’un paysage aride et désolé.
La pochette de ce disque, réalisée du
fond des ténèbres par l’illustrateur
Emre Orhun, est à l’avenant. Crier,
seul morceau bénéficiant d’un
chant en français, évoque quant à
lui les penchants morbides de l’avant-garde
électro française du début des
années 80, compilés l’an passé
par Tigersushi sous appellation « So Young but
so Cold », avec Jacno et Kas Product notamment.
Entre la drogue et le suicide, une alternative doit
bien exister, non ? S’il n’offre pas de
solution, ce très bon album de Spade &
Archer peut néanmoins servir d’exutoire.
C’est déjà beaucoup.
julien coudreuse
•
en concert le mercredi 24 mai au café
de la danse dans le cadre du festival dérapages#1.