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artiste : spade & archer

album : highway to jail

label : 0101

année : 2006

chroniqué le :
22 mai 2006
 

Recevoir des nouvelles d’un membre des regrettés Bästard nous met chaque fois du baume au cœur. Même si dans le cas qui nous occupe ici, il convient mieux de parler d’uppercut à l’estomac. Franck Laurino est batteur de son état. Et batteur dans son cas signifie également compositeur, expérimentateur, élément moteur en somme des projets dans lesquels il s’implique. Le duo qu’il forme avec Cédric Béron (machines) se nomme Spade & Archer. Autant l’avouer, ces deux hommes, originaires de Lyon, ne se sont pas unis pour rigoler.

Leur deuxième album, « Highway to Jail » paru récemment sur 0101 - section électronique de l’inestimable label indépendant Ici d’Ailleurs - regorge d’ambiances sombres et impose son climat glacial en 13 titres. Inspiré du hip hop, tant au niveau des rythmiques que du phrasé (chant parlé, rageur et désabusé, hurlements étouffés), l’univers dans lequel ce disque nous plonge évoque tour à tour Anti Pop Consortium, Tricky, Dälek, DJ Krush et Techno Animal. Si la violence est ici moins frontale que chez ces derniers, la texture industrielle des sons, résolument urbains, fait constamment peser une menace sourde et angoissante. Grincements, distorsions, cliquetis froids et métalliques, les rouages de cette musique sont passablement rouillés. L’heure est à la contemplation… d’un paysage aride et désolé. La pochette de ce disque, réalisée du fond des ténèbres par l’illustrateur Emre Orhun, est à l’avenant. Crier, seul morceau bénéficiant d’un chant en français, évoque quant à lui les penchants morbides de l’avant-garde électro française du début des années 80, compilés l’an passé par Tigersushi sous appellation « So Young but so Cold », avec Jacno et Kas Product notamment.

Entre la drogue et le suicide, une alternative doit bien exister, non ? S’il n’offre pas de solution, ce très bon album de Spade & Archer peut néanmoins servir d’exutoire. C’est déjà beaucoup.

julien coudreuse

en concert le mercredi 24 mai au café de la danse dans le cadre du festival dérapages#1.