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artiste : polmo polpo

album : like hearts swelling

label : constellation

année : 2003

chroniqué le :
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Sortie il y a déjà quelques mois, le premier véritable album de Polmo Polpo, alias Sandro Perri de Toronto, marque un certain changement de direction chez Constellation – ou juste le désir de publier quelque chose de différent, les journalistes ayant toujours la mauvaise habitude de voir des révolutions un peu partout - faut croire qu'on s'emmerde ferme avec l'actualité. Sandro Perri avait déjà fait paraître en 2002 chez les proches de Alien8 Recordings un album compilant ses enregistrements, ‘The Science of Breath’.

L’album s’ouvre sur ‘Romeo Heart’, longue marche hurlante, à la puissance indéniable, pleine d’une urgence somme toute proche du lyrisme chère à Constellation. Mais ici, la musique semble lointaine, mise à distance par des procédés qui, eux, différent clairement des autres musiques du label. Le second morceau, ‘Requiem for a fox’, après une période de tension forte, aux évolutions lentes et subtiles, bascule dans son final vers un folk entraînant. Entraînante, la musique de Polmo Polpo l’est complètement, des beats venant régulièrement appuyer les savantes constructions de cordes, longues la plupart du temps d’une dizaine de minutes. Et toujours, la sensation de flotter sur un tapis de sons, denses et précis. ‘The Science of Breath’, précédente collection de titres, était beaucoup plus rythmé, tentant de pervertir les rythmes techno, recherche sur une musique électronique sombre et luxuriante à la fois. Ce nouvel album montre bien l’évolution du canadien, accumulant encore la densité de ses sons, en majeure partie basés sur des samples. Une musique à laquelle on tend l’oreille, mais qui de toute façon finira bien par prendre les devants – ces perpétuelles montées bruissants d’une accumulation d’éléments, telle la fin du magnifique quatrième morceau, ‘Sky Histoire’.

C’est donc là que se cache Sandro Perri, dans cette ambition folle qui le voit tenter de relier une densité d’évènements étonnante comme on tente de raconter une histoire, histoire qui contiendrait en elle toutes les autres, résumant et dépassant la sphère de l’intime pour s’attaquer à une universalité fascinante. L’album se conclue sur le morceau éponyme ‘Like Hearts Swelling’, une belle divagation de cordes qui se cherchent et se répondent le long d’un bourdonnement dans lequel semble s’accumuler le passé sonore du disque, douce mélopée qui affiche néanmoins certains défauts de cette musique : une sensation d’instabilité jouant parfois contre elle, un détachement produit par des constructions peut-être trop complexes et qui semblent se perdre. Etonnante, difficilement rattachable à un quelconque genre, la musique de Polmo Polpo est une synthèse ambitieuse, magnifiquement réalisée, parfois égarée.

vincent moon