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Sortie
il y a déjà quelques mois, le premier
véritable album de Polmo Polpo, alias Sandro
Perri de Toronto, marque un certain changement de direction
chez Constellation – ou juste le désir
de publier quelque chose de différent, les journalistes
ayant toujours la mauvaise habitude de voir des révolutions
un peu partout - faut croire qu'on s'emmerde ferme avec
l'actualité. Sandro Perri avait déjà
fait paraître en 2002 chez les proches de Alien8
Recordings un album compilant ses enregistrements, ‘The
Science of Breath’.
L’album s’ouvre sur ‘Romeo Heart’,
longue marche hurlante, à la puissance indéniable,
pleine d’une urgence somme toute proche du lyrisme
chère à Constellation. Mais ici, la musique
semble lointaine, mise à distance par des procédés
qui, eux, différent clairement des autres musiques
du label. Le second morceau, ‘Requiem for a fox’,
après une période de tension forte, aux
évolutions lentes et subtiles, bascule dans son
final vers un folk entraînant. Entraînante,
la musique de Polmo Polpo l’est complètement,
des beats venant régulièrement appuyer
les savantes constructions de cordes, longues la plupart
du temps d’une dizaine de minutes. Et toujours,
la sensation de flotter sur un tapis de sons, denses
et précis. ‘The Science of Breath’,
précédente collection de titres, était
beaucoup plus rythmé, tentant de pervertir les
rythmes techno, recherche sur une musique électronique
sombre et luxuriante à la fois. Ce nouvel album
montre bien l’évolution du canadien, accumulant
encore la densité de ses sons, en majeure partie
basés sur des samples. Une musique à laquelle
on tend l’oreille, mais qui de toute façon
finira bien par prendre les devants – ces perpétuelles
montées bruissants d’une accumulation d’éléments,
telle la fin du magnifique quatrième morceau,
‘Sky Histoire’.
C’est donc là que se cache Sandro Perri,
dans cette ambition folle qui le voit tenter de relier
une densité d’évènements
étonnante comme on tente de raconter une histoire,
histoire qui contiendrait en elle toutes les autres,
résumant et dépassant la sphère
de l’intime pour s’attaquer à une
universalité fascinante. L’album se conclue
sur le morceau éponyme ‘Like Hearts Swelling’,
une belle divagation de cordes qui se cherchent et se
répondent le long d’un bourdonnement dans
lequel semble s’accumuler le passé sonore
du disque, douce mélopée qui affiche néanmoins
certains défauts de cette musique : une sensation
d’instabilité jouant parfois contre elle,
un détachement produit par des constructions
peut-être trop complexes et qui semblent se perdre.
Etonnante, difficilement rattachable à un quelconque
genre, la musique de Polmo Polpo est une synthèse
ambitieuse, magnifiquement réalisée, parfois
égarée.
vincent
moon
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