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Nous
connaissions le pedigree (riche) des trois artistes
en présence. Nous nous attendions au meilleur,
et le meilleur est arrivé. Depuis que nous sommes
entrés en sa possession, le premier album de
Papier Tigre, dont la sortie officielle est fixée
au 5 février, quitte rarement notre platine.
Confirmation noise de ce début d’année,
ce disque se veut le reflet des prouesses live dont
le trio est capable. Leurs futurs spectateurs n’ont
pas fini de s’enthousiasmer.
La conception graphique du premier album éponyme
de Papier Tigre (une feuille de papier froissée,
déchirée par endroits, laissant ainsi
apparaître le nom du groupe) est à l’image
de la musique qu’il propose : écorchée,
organique et sans fioritures. Autour d’une batterie
massive, tout en roulements, ruptures de rythmes et
boucles tribales, deux guitares en tension permanente
dialoguent, s’invectivent puis adoucissent le
propos. Une voix se pose sur cet impressionnant édifice,
qui cherche dans les aigus le ton juste pour se mêler
à ces décharges électriques. Le
chant est en anglais, l’accent est parfait. L’homme
qui en est dépositaire s’est déjà
fait remarqué avec son projet folk The Patriotic
Sunday. S’il harangue ici, rageur, plus qu’il
ne chante, il se laisse toutefois aller à quelques
envolées vocales mélodiques, et nous prend
aux tripes. A ses côtés, Arthur de la Grandière,
par ailleurs guitariste d’Argument, et le sidérant
Pierre-Antoine Parois, batteur increvable de Room 204.
Tout ce petit monde se côtoie depuis les années
collège, et vit aujourd’hui à Nantes.
Le Collectif Effervescence qui édite cet album
porte décidément bien son nom.
julien coudreuse
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