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artiste : papier tigre

album : s/t

label : effervescence

année : 2007

chroniqué le :
14 février 2007
 
Nous connaissions le pedigree (riche) des trois artistes en présence. Nous nous attendions au meilleur, et le meilleur est arrivé. Depuis que nous sommes entrés en sa possession, le premier album de Papier Tigre, dont la sortie officielle est fixée au 5 février, quitte rarement notre platine. Confirmation noise de ce début d’année, ce disque se veut le reflet des prouesses live dont le trio est capable. Leurs futurs spectateurs n’ont pas fini de s’enthousiasmer.

La conception graphique du premier album éponyme de Papier Tigre (une feuille de papier froissée, déchirée par endroits, laissant ainsi apparaître le nom du groupe) est à l’image de la musique qu’il propose : écorchée, organique et sans fioritures. Autour d’une batterie massive, tout en roulements, ruptures de rythmes et boucles tribales, deux guitares en tension permanente dialoguent, s’invectivent puis adoucissent le propos. Une voix se pose sur cet impressionnant édifice, qui cherche dans les aigus le ton juste pour se mêler à ces décharges électriques. Le chant est en anglais, l’accent est parfait. L’homme qui en est dépositaire s’est déjà fait remarqué avec son projet folk The Patriotic Sunday. S’il harangue ici, rageur, plus qu’il ne chante, il se laisse toutefois aller à quelques envolées vocales mélodiques, et nous prend aux tripes. A ses côtés, Arthur de la Grandière, par ailleurs guitariste d’Argument, et le sidérant Pierre-Antoine Parois, batteur increvable de Room 204. Tout ce petit monde se côtoie depuis les années collège, et vit aujourd’hui à Nantes. Le Collectif Effervescence qui édite cet album porte décidément bien son nom.


julien coudreuse