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D’éparses
notes de piano se mêlent aux arpèges d’une
guitare acoustique, une batterie discrète soutient
ce fragile édifice. La recette est connue. Elle
est ici sublimée par de subtils arrangements
et la voix d’un homme qui a préféré
conserver ses cordes vocales d’adolescent.
Paru
en mai, le premier album de My Name is Nobody, rejeton
folk du collectif nantais Effervescence, a fait souffler
au printemps un vent mélancolique bienfaisant.
Un vent persistant qui incite à replonger sans
cesse dans ce disque aussi simple que touchant. Tout
le monde n’a pas la chance de posséder
une voix comme celle de Vincent Dupas. Si l’on
connaissait sa capacité à hurler sans
dérailler (voir les prouesses vocales auxquelles
l’oblige son projet annexe et non dérisoire
Fordamage), on ne se doutait pas de sa propension à
émouvoir au détour d’un projet intimiste
comme celui-ci. Si son timbre évoque immanquablement
Will Oldham (Palace), l’ombre de ce dernier ne
masque pas la personnalité du jeune homme. Sans
chercher à forcer ses effets, sans accent irritant
malgré un chant en anglais, Vincent Dupas creuse
son sillon romantique en toute simplicité. Enregistré
en field recording (prise générale et
simultanée de tous les instruments qui permet
au son de gagner en spatialité), I hope you’re
well, I am, and I send you my fingers (petit bonheur
de titre surréaliste) prend des virages insolites
au cœur même des chansons.
En plus de son talent certain, Vincent Dupas a de la
chance. Bénévole lors de la dernière
édition de La Route du Rock, au matin du deuxième
jour du festival, son mobile sonne. En ligne ? La production.
Suite à la défection de Micah P. Hinson,
à quelques heures seulement du set qu’il
devait donner au Palais du Grand Large, il est proposé
à My Name is Nobody de se produire sur scène.
Cette invitation susceptible de se transformer en piège
– manque de préparation, seul et sans ses
instruments - marque en fait le début du conte
de fée. Devant une salle pleine à craquer
(Stuart Staples, très attendu chanteur des Tindersticks,
doit se produire après lui), Vincent Dupas s’avance
timidement, presque à s’excuser d’être
là… Si on peut rendre service… En
un peu moins d’une heure, il comble pourtant l’assistance
de ses morceaux décidément bien taillés.
De grands frissons, suivis de belles acclamations, le
pari est gagné. Il n’est plus pour longtemps
a poor lonesome singer…
julien coudreuse
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