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artiste : my name is nobody

album : I hope you’re well, I am, and I send you my fingers

label : collectif effervescence

année : 2006

chroniqué le :
25 septembre 2006
 
D’éparses notes de piano se mêlent aux arpèges d’une guitare acoustique, une batterie discrète soutient ce fragile édifice. La recette est connue. Elle est ici sublimée par de subtils arrangements et la voix d’un homme qui a préféré conserver ses cordes vocales d’adolescent.

Paru en mai, le premier album de My Name is Nobody, rejeton folk du collectif nantais Effervescence, a fait souffler au printemps un vent mélancolique bienfaisant. Un vent persistant qui incite à replonger sans cesse dans ce disque aussi simple que touchant. Tout le monde n’a pas la chance de posséder une voix comme celle de Vincent Dupas. Si l’on connaissait sa capacité à hurler sans dérailler (voir les prouesses vocales auxquelles l’oblige son projet annexe et non dérisoire Fordamage), on ne se doutait pas de sa propension à émouvoir au détour d’un projet intimiste comme celui-ci. Si son timbre évoque immanquablement Will Oldham (Palace), l’ombre de ce dernier ne masque pas la personnalité du jeune homme. Sans chercher à forcer ses effets, sans accent irritant malgré un chant en anglais, Vincent Dupas creuse son sillon romantique en toute simplicité. Enregistré en field recording (prise générale et simultanée de tous les instruments qui permet au son de gagner en spatialité), I hope you’re well, I am, and I send you my fingers (petit bonheur de titre surréaliste) prend des virages insolites au cœur même des chansons.

En plus de son talent certain, Vincent Dupas a de la chance. Bénévole lors de la dernière édition de La Route du Rock, au matin du deuxième jour du festival, son mobile sonne. En ligne ? La production. Suite à la défection de Micah P. Hinson, à quelques heures seulement du set qu’il devait donner au Palais du Grand Large, il est proposé à My Name is Nobody de se produire sur scène. Cette invitation susceptible de se transformer en piège – manque de préparation, seul et sans ses instruments - marque en fait le début du conte de fée. Devant une salle pleine à craquer (Stuart Staples, très attendu chanteur des Tindersticks, doit se produire après lui), Vincent Dupas s’avance timidement, presque à s’excuser d’être là… Si on peut rendre service… En un peu moins d’une heure, il comble pourtant l’assistance de ses morceaux décidément bien taillés. De grands frissons, suivis de belles acclamations, le pari est gagné. Il n’est plus pour longtemps a poor lonesome singer…

julien coudreuse