Murcof
est le pseudonyme qu'a choisi Fernando Corona, mexicain
à quelques années de la quarantaine
aujourd'hui, quand il sortit ses premières
productions de musique électronique minimaliste
en 2002 sur Leaf. Remembranza, comme son nom l'indique,
est la bande-son parfaite d'une bonne séance
d'introspection. Musique à tisane idéale
- une longue soirée d'hiver, un fauteil confortable,
un gilet en laine et une tisane aux fruits rouges
sucrée au miel - et néanmoins orchestration
très chiadée, cet album mélange
des boucles organiques d'une grande profondeur (piano,
cordes...) à des beats d'une grande richesse,
certainement eux-aussi issus d'un savant sampling
du gaillard Fernando. Mais ces beats disparaissent
assez souvent pour que s'installent ces moments de
tension, ces ambiances si mélancoliques qui
font la force de Remebranza. Jamais répétitif,
d'une construction extrêmement homogène
aussi bien dans chaque morceau que dans son tracklisting,
cet album se savoure comme un bon livre. Il laisse
une place considérable à l'esprit de
l'auditeur qui pourra se perdre dans ses pensées
et ses souvenirs pour illustrer de la façon
la plus personnelle la musique de Murcof. Je n'avais
pas ressenti ça depuis le 'Nocturne' d'Imagho.
Je vais aller racheter de la tisane et repriser mon
gilet en laine.
seb rooney