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artiste : mogwai

album : mr beast

label : pias

année : 2006

chroniqué le :
01 septembre 2006
 
En 2006, Mogwai est partout. Sur la platine (nouvel album paru en mars), sur les écrans de cinéma (pour la musique du film “ Zidane, un portrait du XXème siècle ”), et dans les champs des festivals d’été. Annus horribilis si vous tenez à vos tympans. Instants magiques si vous passez outre ce désagrément.

Auteur d’un cinquième album sidérant, Mr Beast, d’une puissance inouïe et joué pourtant comme au ralenti, Mogwai atteint aujourd’hui des sommets dont on n’osait rêver vu les montagnes déjà gravies auparavant. Extrême en concert, se jouant du seuil de tolérance des tympans, le groupe est aussi doué pour composer des mélodies sensibles que pour l’expérimentation (changements soudains de rythme et variations subtiles des niveaux de saturation). Depuis 1995, son parcours singulier est jalonné de pièces maîtresses, parmi lesquelles “ My Father My King ” paru en 2001 sur un maxi éponyme que n’épuise pas le temps. Qui eût cru que ces cinq écossais à tête d’ivrognes, fans de football dont la mine patibulaire contraste avec la finesse dont ils font preuve au fil des enregistrements, marqueraient leur époque en en signant la bande-son mortuaire ? Leur musique est massive, mouvante, dans ses envolées soniques comme dans ses moments plus calmes - sombres et glaçants. Les guitares saturées y jouent un rôle prépondérant. Un piano s’immisce discrètement et adoucit aujourd’hui ces compositions. Qui fait presque de Mogwai un groupe à partager. Sauf que non. On ne partage pas sa tristesse. On la subit sans broncher. Mogwai est une lueur impalpable à laquelle on s’accroche pour ne pas perdre pied. Un compagnon de détresse qui permet de ne pas se sentir totalement désespéré.

Julien Coudreuse