Edifice
instrumental à la structure complexe, Another
one buys the dust - quatrième album de Milgram,
à paraître en avril chez les indés
acharnés de Golden Delicious - surprend par sa
capacité à ne pas s’enfermer dans
ses plans d’initiés. Une fenêtre
mélodique, un gimmick accrocheur, chaque morceau
offre des clés aux oreilles encore vierges pour
pénétrer cet univers où l’aisance
technique des quatre musiciens qui forment aujourd’hui
le groupe, pour impressionnante qu’elle soit,
laisse de côté ses velléités
démonstratives pour se concentrer sur l’essentiel
: les sentiments à transmettre.
Affilié au courant post rock pour son goût
des constructions mélodiques répétitives
et sa propension à mêler les boucles, Milgram
prouve que le genre a encore de beaux espaces à
explorer, et qu’il n’est pas fatalement
réservé à une frange réduite
d’autistes élitistes patentés. Les
guitares rivalisent d’arpèges inspirés
en son clair, s’invectivent à coups de
riffs secs et puissants qui durcissent le propos, ou
s’envolent dans un déluge de distorsions.
La basse ondule, louvoie, se glisse au cœur de
ces schémas mélodiques, appuyée
par une (parfois deux) batterie(s) experte(s) en contretemps,
puissante(s) et dynamique(s) dans un même mouvement.
Mais la grande idée de ce disque tient à
l’ajout d’un clavier enjoué et discret,
qui apporte la touche de légèreté
qui manque parfois aux compositions de groupes parents,
trop savants pour espérer toucher le public hors
de leur chapelle stylistique.
Milgram, à l’image de Redneck Manifesto
ou From Monument to Masses, produit certes une musique
de cathédrale, mais avec toit ouvrant. Idéale
en ces premiers jours de printemps.
julien coudreuse
média/mp3
: écouter 4 titres de another one buuys
the dust
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