w-h-y ?
 
chroniques
archives
 
artiste : milgram

album : another one buys the dust

label : golden delicious

année : 2006

chroniqué le :
10 avril 2006
 
Edifice instrumental à la structure complexe, Another one buys the dust - quatrième album de Milgram, à paraître en avril chez les indés acharnés de Golden Delicious - surprend par sa capacité à ne pas s’enfermer dans ses plans d’initiés. Une fenêtre mélodique, un gimmick accrocheur, chaque morceau offre des clés aux oreilles encore vierges pour pénétrer cet univers où l’aisance technique des quatre musiciens qui forment aujourd’hui le groupe, pour impressionnante qu’elle soit, laisse de côté ses velléités démonstratives pour se concentrer sur l’essentiel : les sentiments à transmettre.

Affilié au courant post rock pour son goût des constructions mélodiques répétitives et sa propension à mêler les boucles, Milgram prouve que le genre a encore de beaux espaces à explorer, et qu’il n’est pas fatalement réservé à une frange réduite d’autistes élitistes patentés. Les guitares rivalisent d’arpèges inspirés en son clair, s’invectivent à coups de riffs secs et puissants qui durcissent le propos, ou s’envolent dans un déluge de distorsions. La basse ondule, louvoie, se glisse au cœur de ces schémas mélodiques, appuyée par une (parfois deux) batterie(s) experte(s) en contretemps, puissante(s) et dynamique(s) dans un même mouvement. Mais la grande idée de ce disque tient à l’ajout d’un clavier enjoué et discret, qui apporte la touche de légèreté qui manque parfois aux compositions de groupes parents, trop savants pour espérer toucher le public hors de leur chapelle stylistique.

Milgram, à l’image de Redneck Manifesto ou From Monument to Masses, produit certes une musique de cathédrale, mais avec toit ouvrant. Idéale en ces premiers jours de printemps.


julien coudreuse

média/mp3 : écouter 4 titres de another one buuys the dust