J’ai
découvert Third eye foundation et son univers
si particulier tardivement, c'est-à-dire
avec son dernier album. Ce fut déjà
à cette époque, un choc violent,
une musique unique créant son propre genre.
J’ai comblé par la suite cette lacune
en arpentant à pas mesurés les couloirs
sombres de sa discographie.
Aujourd’hui Matt Elliott revient sous son
propre nom et sous la forme d’un être
cyclopéen sur la pochette du Ep 'Borderline
schizophrenic', histoire de nous faire comprendre
que cet épisode passé se retrouve
ici concentré, recentré. Le titre,
lui, ne pouvait que nous laisser présager
un état psychique identique.
'The mess we made' nous le confirme, Matt Elliott
ne s’est toujours pas transformé
en joyeux luron. Son univers est toujours aussi
sombre et triste, mais épuré et
élagué. On voit même apparaître
quelques bourgeons prêts à fleurir,
signe de légère luminosité
sur le dernier morceau Forty Days, magnifique
balade minimale jouée à la guitare…
Matt Elliott nous fait découvrir ici, une
nouvelle facette de son imaginaire tordu. Finies
les boites à rythmes bancales, la drum
and bass déstructurée ou les exagérations
expérimentales, il n’utilise plus
ces instruments dans l’unique but de les
sampler pour ensuite les déconstruire,
mais il s’en sert au contraire d’une
manière vraiment personnelle et délicate
toujours de façon à faire transpirer
la mélancolie. 'The mess we made' comme
son nom pourrait le laisser imaginer, devrait
être joué uniquement dans des églises.
En effet les chants lyriques, à tendance
liturgique ou russe, qui portent l’album
s’y prêteraient à merveille.
D’ailleurs, je veux que l’on joue
cet album le jour de mon enterrement. Pas très
gai tout ça… Mais si, Matt Elliott
a aussi de l’humour, la seconde face de
l’Ep 'Borderline schizophrenic'
s’appelle Branlette Espagnole.
O:liv