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Matt
elliott va de mieux en mieux. Son moral n’est
pas encore à l’optimisme excessif mais
il commence à sortir du gouffre dans lequel the
third eye foundation avait plongé il y presque
dix ans pour s’y complaire et doucement s’autodétruire.
Il a engagé cette ascension vers le jour en 2003
avec ‘the mess we made’
premier album qu’il signait sous son propre nom,
et dans lequel des touches de couleurs commençaient
à se mêler à la noirceur symptomatique
de ses premiers albums. Pas de jaune criard, ni de bleu
ciel ici, mais matt se risquait à étendre
sa palette à des teintes moins claustrophobes.
Matt elliott clôturait ainsi un chapitre au cours
duquel il a trituré et maltraité sampleurs
et séquenceurs pour donner forme à une
œuvre majeure et symbolique de la fin des années
90.
Aujourd’hui,
presque à la moitié des années
2000, l’ex bristolien aspire à une
époque plus innocente, une époque à
laquelle les choses n’étaient pas si ‘inévitables’,
une époque à laquelle on pouvait encore
prendre des décisions et faire des choix, [il]
pense à la fin du 19e ou au début du 20e
siècle. Pour situer, imaginez l’atmosphère
d’un bar en ce début de siècle,
rempli de gens réalistes, cyniques et misérables
qui chanteraient leurs échecs et ceux de la société.
Pour ce faire il suffit d’observer minutieusement
la pochette de l’album dessinée par vania
zouravliov aka uncle vania.
Matt
elliott reprend donc les choses là où
il les avait laissées il y a deux ans. Il pousse
encore sa recherche du son, vers l’épure
et la légèreté. Les espaces autrefois
emplis de beats déstructurés et de sonorités
hachurées laissent place aujourd’hui aux
guitares et claviers délicatement arrangés.
Les voix sont lointaines et diffuses ou au contraire
traitées et démultipliées, portées
par une inspiration liturgique ou slave - écoutez
les cœurs dramatiques sur the kursk, hommage
au marins disparus du koursk.
Petite mélodie au xylophone accompagnée
par des arpèges de guitare tenus en suspension
par un filet de voix ou la sonorité aquatique
d’un orgue… trompettes lointaines, ou mélodica…
la beauté et la légèreté
de l’acoustique essaie aujourd’hui d’effacer
les cicatrices et griffures d’hier. Mais il est
difficile de se défaire d’un passé
aussi lourd… Passé qui resurgit sur le
dernier morceau de l’album, the maid we mess,
long titre de 20 mn issu des dernières prestations
live de matt durant lequel le noise & beat autrefois
caractéristique de 3ef reprend le dessus pour
notre plus grand plaisir.
Matt
elliott va de mieux en mieux, mais les fantômes
qui le hantaient jadis ne sont jamais très loin...
O:liv
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