Le
son semble tout compressé, aux premiers
moments. Et pourtant…
Ca
hurle, ça grince, ça se distord
en tous sens.
Ca
martèle, ça caresse, ça
envahit puis disparaît. Ca se relance
de plus belle et s’étoffe à
chaque avancée.
Soulagement
: ce que l’on redoutait de voir devenir
recette demeure finalement spontané.
Et enrichi de nombreuses expériences
et découvertes, assumées désormais
par un homme seul, Anthony Gonzalez, entouré
certes de multiples gens (son frère Yann
écrit la plupart des textes ; un chœur
d’enfants participe à l’édifice)
, mais de manière moins fusionnelle qu’avant.
Sans son ancien acolyte Nicolas Fromageau, parti
chercher ailleurs les évasions intérieures
qu’il ne trouvait plus dans ce projet,
notre homme creuse plus profond encore le sillon
qu’empruntaient déjà leurs
deux travaux précédents. Toujours
plus chevaleresque (les chevaliers du ciel,
apparemment), en forme de quête, héroïque
et vaine, car toujours inachevée, la
musique telle qu’inscrite dans "Before
The Dawn Heals Us" ne ménage pas
ses effets.
Pourri,
dément.
Côté
pile (à plat), "Farewell / Goodbye"
- chute des bandes gorgées de slows gluants
de la musique de La Boum ? - "Safe",
un ou deux autres morceaux peut être.
Côté face, ceux qui restent [soit
la couleur générale de l’album],
gargantuesques et enivrants, piqués d’électronique
mais dorénavant tout aussi organiques.
Au menu ? Instruments ET chant. Tout
devient simple soudain dans ce labyrinthe d’influences
concassées en instants de musique. Cela
tient peut-être à la sincérité
manifeste de son architecte, qui transpire dans
les bons comme dans les pires moments du disque.
Une manière de se respecter soi-même
qu’Anthony Gonzalez assume aujourd’hui
totalement, seul aux commandes, et toujours
plus intéressant.
julien coudreuse.
retrouvez plusieurs extrait de before
the dawn heals us sur www.gooom.com