|
Invité
en primeur en France par les Trans Musicales en décembre
dernier, Klaxons mérite mieux que le halo très
tendance dont la rumeur (croissante) cherche à
l’affubler. Si le terme nu-rave a été
créé pour lui par la presse anglo-saxonne,
en référence à son goût revendiqué
de la culture rave des années 90, ce concert
ainsi que son premier album paru peu de temps après
auront pourtant surpris par leur ancrage très
rock.
Lorsque
Klaxons s’avance sur l’immense scène
du non moins vaste Hall 9 du Parc Expo de Rennes, on
ne donne pas cher de ces trois adolescents attardés
tout de fluo ostensiblement fagotés. Une salve
en trois temps de singles plutôt bien troussés
a précédé cette venue, dominée
par le tube imparable et pourtant en trompe l’œil
Atlantis to Interzone. Porté par une
sirène stridente, ce titre ne laissait en effet
rien présager du tourbillon rock dans lequel
cette jeune formation allait nous emporter. Savoureux
mélange d’énergie brute, d’enthousiasme
juvénile, de groove tendu et de mélodies
évidentes salies à coups de distorsions,
ce concert nous a séduits au-delà de toute
espérance. Le dialogue qui s’instaure entre
les voix de ces anglais pas farouches, l’usage
décomplexé et maîtrisé de
leurs instruments (guitare, basse, batterie, claviers)
aura constitué un joli pied de nez à la
méfiance que la hype grandissante avait suscitée.
Suite à cette découverte live probante
paraissait fin janvier le premier album du groupe Myths
Of The Near Future. Son écoute confirme l’aptitude
insolente des trois garçons à composer
des morceaux hédonistes et accrocheurs. Sa tonalité
très rock évoque pêle-mêle
Blur, Liars voire Nirvana (à travers certains
rythmes) et TV on the Radio (et ses lignes vocales polyphoniques).
Au-delà de l’influence musicale qu’ont
pu exercer des figures techno telles que The Chemical
Brothers ou Prodigy, c’est aux plaisirs de l’instant
et de la danse chers à ce mouvement qu’invite
Klaxons. Un état d’esprit hérité
des raves que l’on apprécie de retrouver
ici.
julien coudreuse
|