Depuis
ses premiers cd-r jusqu'à sa première
parution cd [Tlone
– vivid scenes] ou sa
compilation seriously
underground shit found in the trunk of a mini parked
undermeath the eiffel tower, le
label musikexperience nous avait habitué à
des productions à tendance électronique,
que ce soit dans un registre expérimental,
hip hop, ou plus violent. Avec Pony gear les labtops
et machines sont mis à l’écart
pour revenir à la simplicité d'une musique
folk radicalement lo-fi.
Lors de ses précédents travaux, Infant
aka andrew fearn articulait ses compositions électroniques
sur un tempo plutôt lent, agençant les
sons d’une façon à créer
une certaine atmosphère, une impression de
chaleur se détachant de la froideur commune
à beaucoup de production electronica. On retrouve
cette chaleur dans ce nouveau projet-concept établi
sur ‘une incapacité à bien
jouer de la guitare, une fatigue de la scène
musicale actuelle, un besoin de faire soi-même
la musique qu'[il] aime, et une saine addiction
au cannabis’. Ici la voix est murmurée,
fredonnée plus que chantée, les cordes
[guitare, violon ou ukulélé] sont effleurées,
la batterie est à peine touchée, suggérée
pour donner un semblant de corps aux chansons squelettiques
de pony gear.
Les alentours de Nottingham doivent ressembler par
certains aspects au far west, la verdure remplaçant
le sable, l’humidité britannique faisant
place à la sécheresse désertique.
L’ambiance shamanique de certains morceaux [bass
drum fearn], ne devant pas être étrangère
à cette saine addiction au canabis,
nous ramenant encore outre-atlantique. Les chaises
grincent, le violon bourdonne, par moments on imagine
le feu crépiter, au fond de la pièce
on entend une bouteille vide tinter et donner le rythme
aux mots que nous souffle andrew fearn.
Ce disque sombre, étourdissant et envoûtant
sera une parfaite bande son de cet automne qui débute,
gris et humide, les jours se raccourcissant, c’est
un moment idéal pour se fondre dans pony gear.
Les quinze morceaux que nous livre Infant sont accompagnés
d’une vidéo de ‘forest road
west’, long rêve cathodique au travers
d’une rue déserte que nous vous proposons
de découvrir ici : forest
road west.ram _ 8m05
O:liv