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artiste : hypo

album : random veneziano

label : active suspension

année : 2004

chroniqué le :
02 juin 2004
 

Random veneziano est-il un disque politique ? Disque de musique électronique majoritairement instrumentale, le discours que souhaite tenir anthony keyeux est clairement détaillé dans son autobiographie, malheureusement absente du livret/CD.

"Je déteste la musique telle qu’elle est faite, pensée, vendue, et comprise aujourd’hui. On ne peut que déplorer l’absence totale de sens critique de la part du public et surtout l’absence totale de critique musicale journalistique. La musique tout comme les médias, est de plus en plus cynique. Elle se perd dans une citation dénuée de toute critique et flirte avec le révisionnisme musical. Nous sommes face à une musique amnésique gratuite et sans Histoire."

Ce pamphlet prétentieux laisse un arrière-goût amer au fond de la gorge… Pensons plutôt au garçon timide qui a livré un concert brillant à confluences il y a quelques semaines devant un public conquis et laissons nous glisser dans la marmelade sonore que nous sert hypo.

Par quel bout prendre cet objet difforme a l’image de la pochette ? Cabossée, biscornue, la musique du parisien est putassière et flirte avec tous les genres, baise toutes les classes. Du menuet à la variétoche en passant par des musiques plus pop[ulaires], tout y passe. Il en ressort un album kaléidoscopique et tourbillonnant, des voix dont celle d’Emmanuelle de Héricourt résonnant comme un écho tout au long de l’album…

La structure des morceaux tout en break et dérapages incongrus est une sorte de mille-feuilles éclaté et recomposé, la crème dessus, les feuilles dessous en bordel. La révolution numérique est terminée, hypo joue live avec des vynils préparés… retour vers le futur… Ce disque orange fluo et le pamphlet qui l’accompagne sont-ils une vision de l’avenir musical qui nous attend ?

O:liv

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