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artiste : hrsta

album : stem stem in electro

label : constellation

année : 2005

chroniqué le :
05 octobre 2006
 
A l’ombre de Godspeed You ! Black Emperor, Hrsta creuse son sillon sensible sous l’œil avisé de l’auberge canadienne Constellation. Organiques et libres, ses compositions révèlent une nature dépressive. L’intérêt du groupe tient à sa capacité à la surmonter pour créer une œuvre touchante. Les artistes mis en lumière par le label Constellation ont ceci de commun que leur désespoir n’est pas vain. Leur faculté à magnifier en musique leurs élans dépressifs confine au sublime. Délaissant les tics qui affligent les créations de nombre de leurs contemporains, plaintes trop crues ou pleurnicheries sur un sort décidément chien, cette communauté aussi réelle que fantasmée rend aujourd’hui bien des services aux âmes fêlées qui se projettent dans cette musique.

La réverbération appliquée de manière récurrente aux sons des instruments (aux guitares la plupart du temps) induit d’emblée un décalage entre l’action (les notes jouées) et l’effet qu’elle produit. La dynamique des morceaux s’en ressent. Le contraste entre l’intensité de l’interprétation et la fragilité du rendu est source de tension. La production est ample, mais ce goût prononcé des grands espaces évoque plus un hangar désaffecté qu’une prairie ensoleillée. Les intrépides Hrsta, dont le leader n’est autre que Mike Moya, membre fondateur de Godspeed You ! Black Emperor et Molasses, ont sorti deux albums. Paru courant 2005, Stem Stem in Electro inflige au folk pastoral originel de singulières secousses électro. Ce disque regorge de chansons intimistes et torturées. Les samples sont acérés, le violon écorché, les rythmes lourds, le tempo lent. Les guitares assurent les mélodies en privilégiant les accords mineurs, et installent ainsi une atmosphère de plomb. Le chant, tantôt féminin, tantôt masculin, n’exprime plus aucune tristesse tant il semble désabusé. L’ensemble est de toute beauté.


Julien Coudreuse