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Au
rayon pop des réjouissances printanières,
la venue sur nos terres de Girls in Hawaii devrait placer
ce groupe en tête de gondole. Non que cette formation
bénéficie d’un plan marketing hors-pair.
Simplement, cette réunion de six musiciens belges,
dévoués à la cause d’une
pop un peu bancale et légère, rappelle
à notre bon souvenir le songwriting tendance
tordu et lo-fi de groupes comme Sebadoh, dEUS et Pavement.
Quoiqu’un peu plus lissés dans le son et
moins aventureux dans les structures, les morceaux composés
par GIH gagnent en densité à mesure qu’on
les écoute. Du fait des aspérités
et dissonances dissimulées derrière un
vernis d’apparence, mais surtout grâce à
la sensibilité de six hommes à l’humilité
complémentaire.
Comme tout bon conte pop, cette histoire débute
dans une chambre d’étudiant. Sur la foi
d’une démo de neuf titres enregistrée
avec des bouts de ficelle, GIH se produit sur plusieurs
scènes (au prestigieux festival de Dour notamment)
et affine ses morceaux. Repris en partie sur le EP Found
in the Ground et sur leur premier album From here to
there parus en 2003, ils affirment d’évidentes
qualités de dialogue : à deux voix, nées
pour être mariées et légèrement
plaintives ; à deux guitares, qui se répondent
en trois accords et quelques arpèges. Le tout
est enrobé des arrangements subtils d’une
section rythmique indispensable bien qu’effacée,
et de fines touches de synthés. Sorti sur le
label 62 TV (où l’on retrouve divers travaux
de Venus, Papas Fritas, Dogbowl, M. Ward et des français
Calc), ce disque atteint des sommets, et, malgré
la jeunesse de ses auteurs (la vingtaine à peine
entamée), une forme de maturité.
julien coudreuse
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