|
Que
ce passe-t-il en ce moment ? La musique électronique
ne m’excite plus, elle ne me fait plus beaucoup
rire non plus. Trop froide, trop aseptisée, trop
impersonnelle, toute grise… Et surprise, un matin
je me réveille et je trouve un paquet devant
ma porte. À l’intérieur, une lettre
manuscrite, et un joli CD : Gangpol und Mit..."disque
compact, pièces détachées".
Un sourire idiot se dessine alors sur mes lèvres
et soudain le souvenir d’un concert ludique, mélancolique
et teinté d’humour légèrement
absurde me revient ; un live ou vidéo et musique
étaient indissociables, le souvenir d’un
espèce de clown triste habillé d’un
t-shirt petit bateau trop petit et d’une salopette
grise trop grande, deux petites boules roses flottant
au dessus de sa tête.
Gangpol pourrait être le nom d’un personnage
de dessin animé qui nous a accompagné
tous les mercredis à l’époque de
récré A2. La musique qu’il invente
allie un genre de toy-pop acidulée à des
mélodies électroniques joyeuse et parfois
mélancoliques. Musique traditionnelle chinoise,
country ou valse sont ici passées aux travers
de différents filtres digitaux accélérant
le rythme ou laissant les tympans au repos, chatouillés,
titillés par de petits animaux numériques.
Ce marshmallow musical se marie avec bonheur à
l’humour décalé et absurde du propos
: une voix synthétique nous explique les règles
du lancé du disque [la pigne 2], un enfant nous
chante une comptine après un boogie woogie boosté
à l’hélium [Un escargot s’en
allait en voyage, pour visiter l’inde et le Japon.
Au bout de 7 ans il était toujours en France
entre Lyon et Avignon] ou une comète nous
incite à la suivre joyeusement [bonjour je
m’appelle comète, suis moi, j’ai
une folle de chose a te montrée…].
Humour décalé donc, mais sur font musicale
pour grands enfants que nous sommes. Imaginez les snorkies
danser sur ‘come to daddy’ et vous aurez
une certaine image de la musique de Gangpol.
Ce qui est bien chez nos amis bordelais, c’est
que la musique ce regarde… Und mit s’occupe
de nous faire plonger entièrement dans cet univers
minimal et naïf. Le dessin est très doux
très lisse, noir et blanc teinté de petites
explosions colorées… on rencontre de drôles
de personnages dans ces paysages, les jambons flirtent
avec les cannettes, les carafes se battent avec les
pots de fleurs, les bouteilles nagent se dandinent,
jouent au requins ou au maître-nageur, les CDs
marchent, dansent ou pleurent : ‘non non, pas
de dentifrice sur ma face pour faire du scratch !!!’
Bref un monde à l’image de leur musique…
Gangpol und mit ont inventé un mot idéal
pour définir leur petit monde imaginaire : kidult.
O:liv
vidéo
: l'oiseau [quicktime required]
|