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artiste : ellen allien & apparat

album : orchestra of bubbles

label : bpitch control

année : 2006

chroniqué le :
01 septembre 2006
 
Depuis ses débuts comme DJ en 1992, Ellen Allien cumule les casquettes et excelle sous chacune d’elles. Boss du label allemand Bpitch Control, elle compose également sa propre musique dans une veine électro-pop qu’elle a participé à sortir du ghetto techno. Son deuxième album Berlinette, produit – déjà - avec l’aide d’un certain Apparat, ayant séduit en 2003 au-delà du cercle d’aficionados habituels, Ellen Allien jouit depuis du statut d’égérie techno. Rythmes syncopés, sonorités déchirées et ciselées à l’aide de l’outil informatique caractérisent sa musique. En créant des atmosphères aussi propices au dancefloor qu’au confort d’écoutes domestiques, elle est parvenue à synthétiser les attentes multiples des amateurs d’électro. La furie punk dont elle fait preuve en concert confirme sa singularité au sein d’une scène trop souvent aspirée par ses écrans.

À la tête du label Shitkatapult en compagnie de T.Raumschmiere, Apparat ne bénéficie pas de la même notoriété. Pourtant, sa musique mérite l’attention, assez proche au début des productions d’Autechre voire d’Aphex Twin, aujourd’hui matinée d’élans pop plus romantiques. Début 2006, Ellen Allien et Apparat ont eu l’excellente idée d’associer leurs talents et de sortir un album qui scelle leurs affinités.

Orchestra of Bubbles (Orchestre de bulles, que dire de plus pour décrire le contenu de ce disque ?) jouit d’une formidable variété de sons retraités par l’informatique, de samples de guitare saturée et de structures inventives et renouvelées d’un titre à l’autre. Les deux artistes forment aujourd’hui un véritable couple artistique. Plus que la somme de leurs qualités respectives, cet album séduit d’emblée par sa forme musicale hybride. La voix spatiale et un rien éraillée d’Ellen Allien produit toujours autant d’effet. Celle plus traînante d’Apparat ne laisse pas non plus indifférent, sur le seul titre qu’il chante ici, un “ Leave me alone ” que l’on ne souhaite pas prémonitoire.

Julien Coudreuse