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Depuis
ses débuts comme DJ en 1992, Ellen Allien cumule
les casquettes et excelle sous chacune d’elles.
Boss du label allemand Bpitch Control, elle compose
également sa propre musique dans une veine électro-pop
qu’elle a participé à sortir du
ghetto techno. Son deuxième album Berlinette,
produit – déjà - avec l’aide
d’un certain Apparat, ayant séduit en 2003
au-delà du cercle d’aficionados habituels,
Ellen Allien jouit depuis du statut d’égérie
techno. Rythmes syncopés, sonorités déchirées
et ciselées à l’aide de l’outil
informatique caractérisent sa musique. En créant
des atmosphères aussi propices au dancefloor
qu’au confort d’écoutes domestiques,
elle est parvenue à synthétiser les attentes
multiples des amateurs d’électro. La furie
punk dont elle fait preuve en concert confirme sa singularité
au sein d’une scène trop souvent aspirée
par ses écrans.
À la tête du label Shitkatapult en compagnie
de T.Raumschmiere, Apparat ne bénéficie
pas de la même notoriété. Pourtant,
sa musique mérite l’attention, assez proche
au début des productions d’Autechre voire
d’Aphex Twin, aujourd’hui matinée
d’élans pop plus romantiques. Début
2006, Ellen Allien et Apparat ont eu l’excellente
idée d’associer leurs talents et de sortir
un album qui scelle leurs affinités.
Orchestra of Bubbles (Orchestre de bulles, que dire
de plus pour décrire le contenu de ce disque
?) jouit d’une formidable variété
de sons retraités par l’informatique, de
samples de guitare saturée et de structures inventives
et renouvelées d’un titre à l’autre.
Les deux artistes forment aujourd’hui un véritable
couple artistique. Plus que la somme de leurs qualités
respectives, cet album séduit d’emblée
par sa forme musicale hybride. La voix spatiale et un
rien éraillée d’Ellen Allien produit
toujours autant d’effet. Celle plus traînante
d’Apparat ne laisse pas non plus indifférent,
sur le seul titre qu’il chante ici, un “
Leave me alone ” que l’on ne souhaite pas
prémonitoire.
Julien
Coudreuse
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