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artiste : dominique A

album : l'horizon

label : olympic disk

année : 2006

chroniqué le :
01 septembre 2006
 

L’histoire est ironique et ne manque pas de sel. Jusqu’à son dernier album, L’Horizon, Dominique A était sous contrat avec l’une des quatre grandes maisons de disque en France, EMI. Laquelle tentait régulièrement de convaincre le chanteur de composer un “ Twenty-Two Bar ” bis, son seul vrai tube à ce jour. C’est finalement sur son premier album avec un nouveau label (Olympic Disk) qu’il réalise le vœu de ses ex-producteurs… “ Je suis tout le contraire d’un artiste de commande, affirme-t-il. Si on me demande de faire telle ou telle chose, il y a de fortes chances que je fasse tout le contraire… ” “ Dans Un Camion ”, avec ses quatre accords, sa ligne de voix claire et ses gimmicks est un petit modèle du genre. Deux ou trois autres titres sont, aussi, immédiatement séduisants. L’Horizon contient par ailleurs son lot d’accords ardus, de climats sombres et d’histoires énigmatiques. La force poétique des textes est remarquable, mais s’il fallait ne retenir qu’une seule chose de ce disque, ce serait les progrès d’interprète de l’auteur de “ La Fossette ”, qui prend une voix tantôt voilée, tantôt claire et sûre d’elle ou étouffée, selon les chansons. Et sur scène ? Le grand A y est toujours très bon. Tout en noir et en larges épaules, il remplirait l’estrade à lui seul. Il empoigne ses nouveaux titres comme il enfile sa guitare acoustique, puissamment, le corps secoué de spasmes en rythmes, les bras qui battent la cadence quand ils ne sont pas occupés ailleurs. Le voilà ensuite moins démonstratif quand le ton du morceau suivant l’impose, mais pas moins concentré, pas moins habité par ses mots. Il incarne sa musique, tout simplement. Mais le fait sans afféteries : entre les morceaux, il souffle et balance, l’œil goguenard, une pique amicale à l’adresse du public (“ C’est une tradition à Rennes d’être en rangs serrés, ou quoi ? ”). Il faut dire que ses quatre complices l’aident bien dans cette entreprise de variation climatique. Ils font habilement ce qu’on pourrait résumer ainsi : mettre en lumière l’homme en noir.

fabien bidaud