Krush
donne le ton dès le premier morceau. Shinso
- The message... sera plus expérimental,
plus électronique que ses précédents
albums. Sons métalliques, boucles hypnotiques,
Krush reste dans le minimalisme, et l’abstraction,
mais il se rapproche du son Warp, de ses amis
de APC, nous y reviendrons.
Les six premiers morceaux dessinent un labyrinthe
où drum & bass du 3ème millénaire,
electro martial, et hip hop sombre se succèdent,
se chevauchent pour nous donner la chair de poule.
Krush arrive à installer une ambiance glaciale,
grâce à des breakbeats carrés
qui nous martèlent les tympans. Mais on
reconnaît la touche du maître nippon
grâce à la subtilité de ses
samples qu’il place tout en nuance. Il nous
fait défiler un film d’horreur. Nous
caresse le dos avec une main froide et chirurgicale.
Des voix trafiquées, synthétisées,
sortent de nulle part. Des nappes psychédéliques,
glissent le long des murs…
Le producteur japonais alterne les plages instrumentales
aux ambiances lynchiennes qui nous rappellent
les boucles crépusculaires de Cannibal
Ox, avec des morceaux aux guest pointus, tout
aussi moites et entêtants.
Après ?Love des Roots, ZapMama, ou Company
Flow sur « Zen », Krush à encore
réussit a réunir ce qui ce fait
de meilleur sur la scène Hip Hop indé
Américaine. En effet E.Blaize et Priest
d’Antipop Consortium viennent poser leur
phrasé syncopé sur une instru vaporeuse
et dynamique. Et la clique d’Anticon au
grand complet (alias, passage, pedestrian, Why
? et doseone de cLOUDDEAD), nous livre une perle
noire machiavélique comme seul le laboratoire
san franciscain sait en sortir.
"D’ you hear that ?" nous demande
DJ Krush au bout de ce tunnel. Nos oreilles ont-elles
supportées ce Hip Hop expérimentale
? Sommes nous effrayé par se changement
de son ? Mais il connaît déjà
nos réponses et nous remercie de l’avoir
suivit jusqu’ici. Et au bout de ce tunnel
on peut enfin apercevoir le soleil dans la voix
soul et mélancolique d’Angelina Esparza.
Mais ne souriez pas trop vite, le soleil est peut
etre là, mais une guitare bluesy, des samples
tout en echos, des sons de forets, un dub orientale,
nous indiquent que le vaudou n’est pas loin.
Et pour cause, le samouraï de Tokyo à
été s’encanailler avec les
princes rasta Sly and Robbie, et Abijah - fils
du batteur des Mystic Revelation of Rastafari,
groupe phare jamaiquain des années 70-80.
Krush arrive à faire la synthèse
entre expérimentation abstraite, Hip Hop
avant-garde, soul mélodieuse, , dub et
reggae. Mais il se disperse en gardant toute fois
une certaine cohérence. Il a les oreilles
grandes ouvertes, les doigts toujours aussi agiles,
et sait s’entourer d’invités
précieux. Vivement la suite...
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