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artiste : decapod claw

album : necrocrab re-sequencing error

label : toast & jam recordings

année : 2003

chroniqué le :
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C’est du nord des Etats-Unis que nous parvient cette déflagration électronique, de Portland précisément, et on n’a pas franchement envie d’y foutre les pieds. Exécutant sa musique à base de vieux synthés défoncés, Jesse James ne va pas très bien, ou alors il nous en veut tout comme au reste du monde. Evoquant immanquablement Autechre pour son univers sombre, Decapod Claw a dessiné sur la pochette de son album une espèce de mollusque croisé à une tête de mort – une étonnante transmutation qui pourrait invoquer les pires des croisements génétiques actuels. Sa musique creuse au plus profond une âme industrielle, ravagée par les années 90 et ses raves défoncées ; le réveil est martial et sans grand espoir. Ok, ce n’est pas non plus Merzbow, il y a du rythme ici, de superbes structures, des beats, des samples qui ne sont pas que des sons de perceuses – cette musique donne tout de même l’impression de se balader sur un circuit moto la nuit, accompagné seulement de la machine, omniprésente machine, qui tourne en rond sans cesse sur le futur de notre existence.

Cette musique est un mollusque indus. Jesse James débarque de Portland comme l’inconnu qui fait craquer les lattes du parquet la nuit ; on ne sait pas vraiment s’il est bien là, on sait que ça nous fait peur, mais on prend plaisir à retourner de temps en temps à cette effroi primaire, spécialement pour l’expérience de danser en se tapant la tête contre les murs, pour se sentir seul au monde, enfin, seul humain…

vincent moon