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C’est
du nord des Etats-Unis que nous parvient cette déflagration
électronique, de Portland précisément,
et on n’a pas franchement envie d’y foutre
les pieds. Exécutant sa musique à base
de vieux synthés défoncés, Jesse
James ne va pas très bien, ou alors il nous en
veut tout comme au reste du monde. Evoquant immanquablement
Autechre pour son univers sombre, Decapod Claw a dessiné
sur la pochette de son album une espèce de mollusque
croisé à une tête de mort –
une étonnante transmutation qui pourrait invoquer
les pires des croisements génétiques actuels.
Sa musique creuse au plus profond une âme industrielle,
ravagée par les années 90 et ses raves
défoncées ; le réveil est martial
et sans grand espoir. Ok, ce n’est pas non plus
Merzbow, il y a du rythme ici, de superbes structures,
des beats, des samples qui ne sont pas que des sons
de perceuses – cette musique donne tout de même
l’impression de se balader sur un circuit moto
la nuit, accompagné seulement de la machine,
omniprésente machine, qui tourne en rond sans
cesse sur le futur de notre existence.
Cette musique est un mollusque indus. Jesse James débarque
de Portland comme l’inconnu qui fait craquer les
lattes du parquet la nuit ; on ne sait pas vraiment
s’il est bien là, on sait que ça
nous fait peur, mais on prend plaisir à retourner
de temps en temps à cette effroi primaire, spécialement
pour l’expérience de danser en se tapant
la tête contre les murs, pour se sentir seul au
monde, enfin, seul humain…
vincent moon
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