Décrit
par son label comme une 'machine à produire',
Debmaster doit avoir les doigts qui le démangent
quand il reste plus d'une semaine sans composer, du
moins si on en croit la biographie officielle : plus
d'une dizaine d'albums -peu médiatisés
car en mp3- auraient déjà été
composés par le jeune artiste angevin. [Angevin
comme 'qui vient d'Angers', voyons, je ne me permettrais
pas...] Car oui, Debmaster est français.
Mêlant electro et hip-hop à la manière
de nombreux artistes post-syndrome de l'an 2000, Debmaster
met à profit sa longue expérience musicale
(batteur punk à 11 ans, décidément
ce gaillard me plaît) pour réussir le
crossover sans difficulté, et pour savoir s'entourer
de MCs qui envoient sévèrement quand
il compose des instrus nus ne demandant qu'à
s'habiller de flow rugueux (Bleubird, le parisien
Donkishot) ou de lyrics sombres (Name Science, Subtitle).
Manipulant la programmation et le séquencement
avec aisance, Debmaster sait aussi bien faire se superposer
les boucles pour tisser un groove complexe ('la fuite',
hélas desservie par son rang #1 dans le tracklisting)
que s'effacer derrière un beat puissant quand
il faut aller à l'essentiel (l'énorme
'Bombergirl' et ses synthés ultra-rythmiques).
Influencé aussi bien par ses pairs (dDamage,
Busdrivers) que par des artistes intemporels tels
ceux issus du Wu-Tang Clan, le gaillard Debmaster
signe avec 'Monster Zoo' un disque de très
grande classe, dont la production très pointue
des morceaux les plus personnels ('Fashion ion Hell',
Bison rock') va laisser rêveur plus d'un bidouilleur-sur-laptop.
seb rooney