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Les
années passées à caresser de sa
voix unique, pudique et sensuelle, certains morceaux
de Matthew Herbert créent une filiation naturelle
entre la musique de Dani Siciliano et celle de ce dernier.
Quelques réminiscences de deep house, de jazz
et une certaine familiarité dans le son confirment
que c'est bien de cette Dani là dont il s'agit.
A l'image de Beth Gibbons avant elle, Dani Siciliano
affirme pourtant sa singularité en offrant au
silence et à la retenue un rôle stratégique
dans le déroulement de ses propres chansons.
Une introspection palpable, rythmée par un groove
minimal dont la présence est le coeur de cette
musique essentielle et vivante.
Quand Dani Siciliano reprend "Come as you are"
de Nirvana, c'est à l'esprit de la chanson qu'elle
colle, sans révérence pour la mélodie
originale pourtant pas si mal, pas plus que pour le
son. Ses intentions et les moyens utilisés pour
leur donner forme créent une harmonie nouvelle.
Sans la rage qui affleurait de Kurt Cobain (quoiqu'il
fasse), mais avec un sérieux qui effraie un peu
et impose rapidement le respect pour cette dame au charme
un peu désuet ; en dernier atout de séduction
pour ceux qui n'y auraient pas encore cédé.
Fin janvier paraîtra son premier album Likes...
qui regorge de propositions (car la musique de Dani
Siciliano ne cherche pas à s'imposer) originales
et infiniment touchantes. Son passage au Nouveau Casino
le 3 mars, est ainsi un peu plus qu'un événement,
une attente.
Julien
Coudreuse
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