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On
attendait beaucoup du second album de cLOUDDEAD, étant
donné que le premier éponyme paru en 2001
fut pour beaucoup la porte d'entrée à
la scène hip hop underground américaine
agissant autour des labels Anticon et Mush. Depuis on
s'est familiarisé avec eux, Odd Nosdam, why?
et particulièrement Dose One, mc charismatique
sur scène (qui chante sur ce morceau qui me fait
toujours grimper au plafond, 'Mannequin Hand Trapdoor
I Reminder' sur l'album de Boom Bip, en plus d'avoir
sorti avec lui le terrible 'Circle').
Alors? A la première écoute un peu distraite
je ne perçois rien, des sons un peu chaotiques,
aucun refrain, pas vraiment de prise. Décevant,
trop complexe. Et puis... il y a les autres écoutes.
Quand l'oreille commence à s'habituer à
l'univers tortueux des trois californiens. Quand l'incroyable
richesse du son fait tourner la tête. Quand on
se met à reprendre les paroles et à connaître
les nombreux et brutaux changements de directions. Les
voix de Dose One et why? se complètent fabuleusement
bien, la finesse surréaliste des textes impressionne
et rejaillit sur le potentiel poétique de l'album.
'Ten' comprend dix morceaux mais on en compte une bonne
cinquantaine cachés dans sa densité infernale.
Et par dessus tout, 'Ten' enjambe les domaines et lie
des univers à priori si distendus que c'est un
véritable miracle que d'avoir réussi à
donner au tout une cohésion forte: un grand banquet
interminable, où chaque nouveau mets surpasse
le précédent, et où la légèreté
du tout étonne arrivé au dessert, que
l'on s'enfile avec bonheur et félicité.
'Ten' est l'album que l'on décrit en parlant
exclusivement avec des métaphores.
Si l'on s'était habitué à des sorties
régulières de qualité depuis la
base américaine de Oakland, cLOUDDEAD monte largement
au dessus de la mélée, surclassant à
peu près tout ce que j'ai eu entre les oreilles
depuis très longtemps. 'Ten' est déjà
une pierre angulaire de l'évolution musicale
de ce début de millénaire, qui marquera
encore les esprits quand cet 'underground musical' aura
depuis bien longtemps explosé à la face
du monde. Quand le génie est si évident,
on s'incline.
vincent moon
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