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artiste : chib

album : moco

label : fat cat

année : 2004

chroniqué le :
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Ll’un des plus féconds labels européens, pourrait aisément s’appliquer à lui-même la sentence qui orne chaque numéro du superbe magazine The Wire : ‘adventures in modern music’. Une certaine exigence sans frontières assez anglaise anime le label mené par Dave Howell, dont le catalogue plonge aussi bien dans les expérimentations électroniques de Dorine_Muraille que dans le rock transcendé de Set Fire to Flames, en passant par les allumés new-yorkais de Black Dice et Animal Collective, exprimant une même foi dans le transgenre jusqu’au boutiste.

La japonaise Yukiko Chiba vient de Tokyo, et ‘Moco’ est son premier (mini) album, dont la durée excède à peine les 30 minutes. On ne saurait en demander plus, car la musique de Chib n’est pas de celles que l’on pourrait raccrocher au mur, dans l’attente que le mur nous tombe dessus. Cette musique requiert une attention toute particulière, de chaque instant, évocatrice plus que manipulatrice. D’une précision méthodique, elle développe des motifs évanescents l’espace de quelques secondes à peine, ambiances nocturnes et bribes de paroles viennent se poser et s’envolent l’instant d’après. Le fond sonore est rythmé par quelques notes de piano, quelques cordes de violoncelle, ou autre pseudo instrument détourné.

Créée autour de samples que Yukiko Chiba enregistre telle une glaneuse poétisant le réel, la musique refaçonne pour chacun des huit morceaux des univers précis et oniriques, en apesanteur quelque part au-dessus de l’agitation tokyoïte. D’une délicatesse infinie, cette musique bien particulière témoigne une fois encore des aventures que peut mener la musique moderne, entre art sonore et cinéma pour les oreilles.

vincent moon