En
sept ans et six albums, Buck 65 s'est patiemment imposé
comme une valeur sure dans la pléthorique production
discographique contemporaine. De ses débuts
hip hop au sein du collectif Anticon, quoique le terme
hip hop soit sévèrement réducteur
pour désigner la musique que cette réunion
de savants fous compose, Rich Terfry (de son vrai
nom) n'a conservé que l'état d'esprit
aventureux et touche à tout qui caractérise
ce mouvement.
Sur ses deux derniers albums, Square et Talkin'Honky
Blues, il explore des territoires inconnus et se rapproche
par la même de francs-tireurs tels que Tom Waits
pour qui la notion de frontière musicale n'a
plus vraiment de sens. Les seules limites auxquelles
pourrait se heurter Buck 65 sont celles de son imagination,
autant dire qu'il n'est pas prêt de les rencontrer.
Car notre homme a une arme imparable pour se prévenir
d'un tel danger : son insatiable appétit pour
les voyages et les rencontres, dont il tire l'essentiel
de son inspiration. De passage à Paris, ville
dont il a pu apprécier les charmes lorsqu'il
y vivait, pour les besoins de la promotion de son
nouvel album, Buck 65 n'a pas failli à sa réputation
d'homme généreux, volubile et charmant.
En quelques instants son cerveau s'anime. Nous restons
là, captivés par cette pensée
en perpétuel mouvement. Même sans musique,
Buck 65 est décidément un être
passionnant.
Julien coudreuse