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Faux
nouveau-né sur la scène musicale, Belone
Quartet affiche sa singularité jusque dans son
patronyme. Quartet à seulement deux têtes,
cette formation apparaît en 2003 à l’initiative
du seul Antoine Bellanger (auteur d’un six titres
sous le nom de Belone), bientôt rejoint par Benjamin
Nerot, responsable barbu du projet folk The Healthy
Boy, également auteur de magnifiques et lugubres
dessins à ses heures.
Créé
à quatre mains et « sobrement » intitulé
Les Prémices de la Béatitude Naissent
de l’Amertume, le premier album de ce duo nantais
regorge d’instrumentations variées, d’arrangements
ambitieux, et de mélodies sombres. Si son orchestration
l’apparente à l’univers de la pop,
ce disque penche clairement du côté obscur
de ce genre. Organique en façade, sa conception
se rapproche pourtant plus des bidouillages dont sont
coutumiers les adeptes de musiques électroniques.
Samples, collages, tous les moyens sont bons pour pallier
une économie de moyens (financiers, techniques
et humains). Ainsi en est-il par exemple des sons de
batterie, joués par Pierre-Antoine Parois –batteur
sanglant de Room 204 et depuis peu des sémillants
nantais de Papier Tigre- et enregistrés distinctement
les uns des autres, pour être ensuite agencés
selon les envies du duo par l’intermédiaire
d’un logiciel de montage sonore. Il ne suffit
cependant pas d’être malin pour composer
un bon disque. Par chance, Belone Quartet comprend en
son sein deux multi instrumentistes inspirés
et doués qui de surcroît savent s’entourer.
On retrouve ainsi la voix de Julia Lanoë (échappée
temporairement de Mansfield.Tya) aux côtés
de celles des deux protagonistes principaux de ce disque
prometteur bien qu’imparfait. Une interrogation
reste toutefois en suspens : comment nos deux hommes
retranscriront-ils cette musique sur scène sans
être esclaves de l’informatique ?
Julien Coudreuse
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