Le
nom Autechre est le résultat du hasard,
de doigts pianotant à l’aveuglette
sur un clavier d’ordinateur. Leur musique
est similaire : résultat du dialogue improvisé
entre homme et machine, donnant naissance à
une musique électronique indescriptible
en termes musicaux. Le son Autechre est une sorte
de chirurgie musicale avancée, assistée
par ordinateur. Assistée ? Non, disons
générée.
Sean Booth et Rob Brown se sont rencontrés
fin des années 80 : Ils ont tout de suite
commencé à faire des expérimentations
avec leur matériel hi-fi en dégradant
des fragments musicaux puis en les transférant
à l’envers ou à l’endroit
d’un lecteur de cassettes à l’autre.
Avec le temps ils ont ajouté quelques samples,
des boites à rythmes et des ordinateurs.
Inutile de chercher l’instrument, il n’y
est pas. Leur musique est à la fois improvisée
et d’une précision incroyable. A
l’aide de programmes, de logiciels de professeur
fou, le duo génère des morceaux
qu’ils distordent par la suite à
loisir, jusqu'à donner naissance à
un de ces morceaux aux sons électroniques
futuristes, aux basses distordues, aux harmoniques
sombres, un de ces morceaux apparemment déstructuré
et pourtant obéissant à une logique
architecturale implacable.
Depuis leur tout début, avec l’album
Incubala, Autechre explore les territoires vierges
de la musique électronique et nous, en
auditeur curieux, on les suit, machette à
la main, on défriche, on essaie de comprendre.
Comment, pourquoi. Car nos repères sont
brouillés. Le paysage musical dépouillé
du duo a de quoi surprendre. . Booth and Brown
proclame faire de la musique qui évolue
au même rythme que leur cerveau. «
Nous aimons que les choses soient comme un puzzle
qui se révèle à mesure qu’il
se métamorphose ». Leur nouvel album
Draft 7.30 suit cette logique et nous assistons
à une nouvelle métamorphose du puzzle
générée par les cerveaux
disjonctés du duo et par des programmes
informatiques à leur image. Un album à
la source même de l’électronique.
julie