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artiste : arthur russell

album : calling out of context

label : audika

année : 2004

   
artiste : arthur russell

album : the world of Arthur Russell

label : soul jazz records

année : 2004

chroniqué le :
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Ce début d’année est l’occasion de mettre la main sur une oeuvre rare, la musique d’Arthur Russell, grâce à la sortie presque conjointe de deux disques compilations, l’un chez les anglais de Soul Jazz Records, l’autre chez le petit Audika. Une œuvre protéiforme, le genre de musique qu’il est à peu près impossible de décrire.

Arthur Russell, né en 1951 dans l’Iowa, étudie très jeune la musique pour devenir joueur de violoncelle émérite, et se retrouve en 1973 à New York dans le même immeuble que Ginsberg qu’il a rencontré deux ans plus tôt, ainsi que les futurs Television et Richard Hell, en pleine explosion musicale dans une grosse pomme pas encore bouffée par les vers immobiliers. Il se retrouve bientôt à jouer avec les musiciens les plus chevronnés de l’avant-garde de l’époque, John Cage ou Christian Wolff, devient presque membre des naissants Talking Heads, enregistre une collection de morceaux intitulés ‘Instrumentals’ qui ne sort qu’en 1984. Bref, Arthur Russell est au cœur de la scène musicale expérimentale new-yorkaise des années 70. Mais à la fin de cette décennie, Mancuso vient d’ouvrir son Loft, et Russell se démène comme un fou sur la piste de danse. Comme une révélation, sa fascination pour le disco l’amène rapidement à collaborer avec Nicky Siano, l’autre DJ phare de l’époque, sous le pseudo de Dinosaur. Il enchaînera ensuite pendant plusieurs années ces travaux de disco expérimental, sous divers pseudos, délivrant même quelques tubes, notamment l’inusable ‘Is it all over my face’ de Loose Joints. C’est le thème de l’album sorti par Soul Jazz, regroupant la majorité de ses travaux. La compilation publiée par Audika regroupe quant à elle d’autres travaux solos, des inédits là aussi souvent à la limite du disco, ou tout du moins d’un rythme de break éclaté délicieusement à côté de la plaque. Car attention, si la musique d’Arthur Russell est passionnante, c’est surtout dû au mélange d’éléments d’habitude jamais entendu ensemble – il faut avoir écouté une fois dans sa vie ‘Let’s Go Swimming’ et découvrir cette voix émerger habillée en paillettes et grimper sur un break plus gros qu’elle au milieu d’un loft new-yorkais pour comprendre les mariages réussis par Russell. Unique, l’œuvre de Russell, disparu en 1992, est un immanquable acte de transversalité entre hédonisme absolu et recherche musicale.

vincent moon