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ème rencontres Transmusicales de Rennes - zoom
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VON
SÜDENFED

On se méfie toujours un peu a priori de ce type de
rencontre au sommet. Imaginez plutôt : le duo allemand
Mouse on Mars -soit la crème de l’électro-pop
la plus débridée, en activité depuis
1994- versus l’un des mythes de la sphère rock
indé -l’improbable Mark E. Smith, chef d’orchestre
de The Fall depuis plus de 30 ans. Tous les trois réunis
sous la bannière Von Südenfeld pour la création
d’un album, et plus si affinités. Et pourtant,
force est de constater que ce choc de deux univers musicaux
à l’identité très affirmée,
sans aucun lien apparent, est ici une réussite. Brute
de décoffrage, la production des douze morceaux qui
composent Tromatic Reflexxions, premier des trois albums qui
devraient déboucher de cette collaboration, reflète
la joyeuse spontanéité qui a manifestement présidé
aux sessions d’enregistrement. Mark E. Smith s’y
présente au sommet de sa forme. Dilettante à
souhait. Il faut dire que le monsieur a une manière
toute personnelle de chanter comme un pied. Son art vocal
s’apparente en effet à une logorrhée absconse
éructée façon harangue crâneuse,
agrémentée ici et là de fragments colériques,
de chœurs soûlards et d’interjections hâbleuses.
Egalement réputé pour son irascibilité,
l’homme semble étonnement s’épanouir
dans ce projet électro, ne ménageant pas ses
effets, comiques ou surréalistes. Ainsi du morceau
intitulé Jbak Lois Lane, invective de trois minutes
à destination d’un supposé voisin en train
de tondre sa pelouse, avec juste le bruit de la tondeuse en
fond. Ou par contraste de Rhinohead, fascinant tube pop en
puissance, et de Chicken Yiamas, hybride blues évoquant
tant RL Burnside qu’Ol’ Dirty Bastard. Les deux
gars de Mouse on Mars le suivent tête baissée
dans chacun de ses délires. Ils n’ont certes
pas attendu de le rencontrer pour s’affirmer comme d’authentiques
punks, aussi à l’aise pour composer de charmantes
mélodies pop que pour les saccager à grands
renforts de productions crasseuses. Pour avoir assisté
au retour magistral de Mark E. Smith sur une scène
française, après plus de dix ans d’absence,
dans le cadre du festival parisien Feedback en juillet 2005,
et pour le souvenir ému que l’on conserve du
concert de Mouse on Mars en novembre 2004 au Nouveau Casino,
l’événement live que représente
leur show commun aux Trans Musicales vaut à coup sûr
d’écorner à cette date les pages de votre
agenda. JC. _ Jeudi 06 décembre
- HALL 09 - 00h00
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FUJIYA & MIYAGI

Malgré un nom à consonance japonaise, un goût
affirmé – et à l’écoute flagrant
– pour le meilleur du krautrock allemand, Fujiya &
Miyagi est un trio aussi anglais que Brighton, la ville dont
il est originaire. Après un premier album sorti en
2003 dans une relative confidentialité mais malgré
tout aujourd’hui épuisé, est paru en mars
dernier une compilation de trois singles réalisés
au cours des deux dernières années, auxquels
ont été adjoints quelques morceaux supplémentaires
pour atteindre la durée légale d’une mise
sur le marché. Si ce disque n’apparaît
pas révolutionnaire, si certains titres lassent trop
vite pour qu’on soutienne le groupe inconsidérément,
Fujiya & Miyagi évoque tant d’artistes qu’on
aime qu’il serait vain de bouder son plaisir en l’écoutant.
David Best –alias Miyagi, guitare, chant- et Steve Lewis
–alias Fujiya, claviers, machines, boites à rythmes-
bidouillent ensemble depuis l’an 2000. Matt Hainsby
les a rejoints à la basse voici deux ans. La formule
qu’ils appliquent est simple : rythmes métronomiques,
basse minimale et ondoyante, motifs de guitares courts et
répétitifs, nappes atmosphériques de
synthétiseurs. Plus que dans celle de Can dont il revendique
l’influence, Fujiya & Miyagi s’inscrit dans
la lignée d’autres allemands très attachants,
Kreidler pour la dynamique linéaire et hypnotique,
Ronald Lippok (Tarwater, To Rococo Rot) pour le chant. Idéale
pour laisser son esprit divaguer, cette musique a des vertus
apaisantes. On y revient régulièrement. On l’oubliera
sûrement. On apprécie bien les bonbons même
s’ils ne sont pas nourrissants. On goûte Fujiya
& Miyagi de la même façon. JC.
_ Vendredi 07 décembre - HALL 03 - 23h00
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FORTUNE

Membre fondateur du duo made in Morlaix Abstrackt Keal Agram,
Lionel Pierres revient aujourd’hui avec un nouveau projet.
Pas de fausse modestie, ni dans le nom choisi, ni dans l’esprit
qui anime les premiers morceaux sortis : Fortune entend casser
la baraque. On est bien tenté de miser sur lui. Le
choc fut pourtant dur à encaisser. En septembre 2006,
Abstrackt Keal Agram (AKA) entrait en résidence dans
la salle de musiques actuelles Le Chabada à Angers.
Après trois ans d’absence, nos chouchous finistériens
était attendus de pied ferme. En effet, rares sont
les groupes français à avoir su aussi bien conjuguer
aisance mélodique et élaboration d’un
son si personnel. Après trois albums mêlant adroitement
électro et hip hop, principalement composés
à l’aide de machines, était annoncé
un virage rock qu’il nous tardait de découvrir,
sur disque mais surtout dans sa version scénique :
toutes guitares dehors, une batterie au centre et le torse
bombé. Mais au Printemps 2007, après une poignée
de concerts tests, la sentence tombait : les deux membres
d’AKA décidaient brutalement de mettre un terme
à leur aventure commune. Tanguy Destable, déjà
auteur sous le nom de Tepr de deux albums électro dance
de haute volée, intégrait la formation qui accompagne
sur scène l’inoffensive et pourtant aujourd’hui
incontournable Yelle. Lionel Pierres insistait quant à
lui dans la voie empruntée par AKA les derniers mois
et tentait d’achever la mue opérée à
ce moment-là. Dès le mois d’avril, Fortune
était né, le travail effectué à
Angers servant de base au lancement de ce projet. Le batteur
Hervé Loos, par ailleurs membre du Meteor Band de Rodolphe
Burger, et le fidèle Snookut, aux platines dans l’ombre
d’AKA depuis les origines, reprenaient sans sourciller
la place qu’ils occupaient durant la résidence.
Désormais seul en vitrine, Lionel Pierres mettait cet
été un point final aux morceaux qui figurent
sur son premier maxi. Ce coup d’essai si longuement
mûri impressionne à plus d’un titre. Tentative
osée de fusion d’un son électro vintage,
d’un groove minimal, de nappes de claviers atmosphériques,
de lignes de guitare pop et d’un chant rutilant et sans
complexes, cette musique évoque pêle-mêle
Daft Punk, David Bowie, Mickael Jackson ou Ratatat, et touche
par sa fraîcheur juvénile. On regrettera juste
que Lionel Pierres se soit acoquiné avec le label plus
hype tu meurs Disque Primeur, qui héberge par ailleurs
Adam Kesher, Dabaaz ou Cuizinier. Trop clinquant à
nos yeux pour ce qu’on connaît du monsieur.
JC. _ Vendredi 07 décembre - BAR LA
CONTRESCARPE - 22h00 [BARS EN TRANS]
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PAPIER TIGRE

Nous connaissions le pedigree (riche) des trois artistes en
présence. Nous nous attendions au meilleur, et le meilleur
est arrivé. Depuis que nous sommes entrés en
sa possession, le premier album de Papier Tigre, dont la sortie
officielle est fixée au 5 février, quitte rarement
notre platine. Confirmation noise de ce début d’année,
ce disque se veut le reflet des prouesses live dont le trio
est capable. Leurs futurs spectateurs n’ont pas fini
de s’enthousiasmer. La conception graphique du premier
album éponyme de Papier Tigre (une feuille de papier
froissée, déchirée par endroits, laissant
ainsi apparaître le nom du groupe) est à l’image
de la musique qu’il propose : écorchée,
organique et sans fioritures. Autour d’une batterie
massive, tout en roulements, ruptures de rythmes et boucles
tribales, deux guitares en tension permanente dialoguent,
s’invectivent puis adoucissent le propos. Une voix se
pose sur cet impressionnant édifice, qui cherche dans
les aigus le ton juste pour se mêler à ces décharges
électriques. Le chant est en anglais, l’accent
est parfait. L’homme qui en est dépositaire s’est
déjà fait remarqué avec son projet folk
The Patriotic Sunday. S’il harangue ici, rageur, plus
qu’il ne chante, il se laisse toutefois aller à
quelques envolées vocales mélodiques, et nous
prend aux tripes. A ses côtés, Arthur de la Grandière,
par ailleurs guitariste d’Argument, et le sidérant
Pierre-Antoine Parois, batteur increvable de Room 204. Tout
ce petit monde se côtoie depuis les années collège,
et vit aujourd’hui à Nantes. Le Collectif Effervescence
qui édite cet album porte décidément
bien son nom. JC. _ Vendredi 07
décembre - HALL 04 - 20h30
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BELONE QUARTET

Faux nouveau-né sur la scène musicale,
Belone Quartet affiche sa singularité jusque dans son
patronyme. Quartet à seulement deux têtes, cette
formation apparaît en 2003 à l’initiative
du seul Antoine Bellanger (auteur d’un six titres sous
le nom de Belone), bientôt rejoint par Benjamin Nerot,
responsable barbu du projet folk The Healthy Boy, également
auteur de magnifiques et lugubres dessins à ses heures.
Créé à quatre mains et «
sobrement » intitulé Les Prémices de la
Béatitude Naissent de l’Amertume, le premier
album de ce duo nantais regorge d’instrumentations variées,
d’arrangements ambitieux, et de mélodies sombres.
Si son orchestration l’apparente à l’univers
de la pop, ce disque penche clairement du côté
obscur de ce genre. Organique en façade, sa conception
se rapproche pourtant plus des bidouillages dont sont coutumiers
les adeptes de musiques électroniques. Samples, collages,
tous les moyens sont bons pour pallier une économie
de moyens (financiers, techniques et humains). Ainsi en est-il
par exemple des sons de batterie, joués par Pierre-Antoine
Parois –batteur sanglant de Room 204 et depuis peu des
sémillants nantais de Papier Tigre- et enregistrés
distinctement les uns des autres, pour être ensuite
agencés selon les envies du duo par l’intermédiaire
d’un logiciel de montage sonore. Il ne suffit cependant
pas d’être malin pour composer un bon disque.
Par chance, Belone Quartet comprend en son sein deux multi
instrumentistes inspirés et doués qui de surcroît
savent s’entourer. On retrouve ainsi la voix de Julia
Lanoë (échappée temporairement de Mansfield.Tya)
aux côtés de celles des deux protagonistes principaux
de ce disque prometteur bien qu’imparfait. Une interrogation
reste toutefois en suspens : comment nos deux hommes retranscriront-ils
cette musique sur scène sans être esclaves de
l’informatique ?
JC. _ Vendredi 07 décembre - CRIJ
- 16h00
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CARTON PARK [GANGPOL UND MIT &
JUICY PANIC]

Prenez deux duos d’illuminés à l’imagination
féconde, deux festivals sans ornières et une
salle de musiques actuelles aventureuse, laissez mijoter quatre
semaines sur une période de sept mois (voir La Griffe
n°197), et appréciez le résultat. Vous en
sortirez enthousiastes et surpris, sidérés par
une telle débauche d’inventivité et d’effets
spéciaux cousus main. Lorsqu’ils prennent place
sur la scène de l’Antipode ce vendredi 26 octobre,
Gangpol und Mit et Juicy Panic présentent pour la première
fois le travail mené dans ce lieu depuis le mois d’avril
2007. Associée aux festivals Marmaille et electroni[k],
la salle a en effet accueilli la création de Carton
Park, spectacle où la musique et les arts graphiques
se mêlent dans un gigantesque feu d’artifices.
Le principe est simple, à chaque séquence correspond
une attraction imaginaire. Deux représentations sont
prévues ce jour-là. L’une en début
d’après-midi à destination d’un
public principalement composé de scolaires, et une
seconde le soir pour les couches-(un peu plus)tard. Le spectacle
est le même d’une séance à l’autre,
seules les interventions ludiques qui ponctuent ou introduisent
chaque séquence diffèrent. Dès 14h30,
les vacances de la Toussaint en ligne de mire, deux cents
enfants (9 ans de moyenne d’âge) s’installent,
assis face à la scène. Les lumières s’éteignent.
Carton Park est officiellement ouvert ! Nous sommes alors
invités sans plus tarder à découvrir
la première attraction : La machine à remonter
le temps. Et d’emblée apparaît ce souci
d’articuler les images créées par Guillaumit
à la musique composée par ses trois acolytes.
Des dinosaures se meuvent sur une bande-son aux tonalités
préhistoriques, des pyramides et des pharaons apparaissent
ensuite sur fond de mélodies plus orientales, quand
soudain l’assistance est projetée dans le futur
sur fond de bleeps électroniques. Un petit gimmick
répétitif, musical et théâtral,
indique avant chaque traversée du temps, le passage
obligé dans la machine qui nous y entraîne. Le
principe s’appréhende simplement. La subtilité
du dispositif laisse coi d’admiration. A chaque nouvelle
attraction, son lot de suspens et le développement
d’un nouvel univers enchanteur. La partition musicale
est truffée de sons dont l’écho visuel
défile à l’écran. Les enfants semblent
fascinés. Quand on les invite à participer,
ils se lèvent comme un seul homme et croisent les doigts
– ou plus précisément hurlent - pour être
désignés. Un sourire collé aux lèvres,
on assiste à ce spectacle mariant intelligence et simplicité.
Des insectes, des fantômes, des poissons et un scaphandrier...
Et tant d’autres idées lumineuses qu’on
se retient de dévoiler. Le rythme est haletant. On
rit, on s’effraie. En une heure d’une densité
et d’une créativité stupéfiantes,
le tour de Carton Park est bouclé.
JC. _ Samedi 08 décembre -
L'ANTIPODE - 18h30
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