| Deux
bidouilleurs parisiens élevés à la techno
addictive de Daft Punk et à l’allure très
Calvin Klein tirent leur épingle d’un jeu musical
dont le centre névralgique se situerait à quelques
encablures des boutiques «avant-gardistes» Colette
et Agnès B. En deux maxis et nombre de remixes remarqués
– pour Britney Spears, Franz Ferdinand, Daft Punk, N*E*R*D
- le duo Justice a réveillé une excitation assoupie
chez les amateurs de gros sons techno depuis la déferlante
Vitalic. Leur DJ set en clôture du dernier Printemps
de Bourges a confirmé leur statut de nouveau messie
du dancefloor. Incluant dans leur mix nombre de bombes autoproduites,
leur show est imparable, séduisant autant les rockeurs
sensibles à l’énergie déployée
que les clubbeurs qui voient là un possible renouveau
de l’élan techno. Littéralement blindée,
la salle est trop petite pour contenir la furie qui s’empare
du public. Les rythmes sont lourds, les basses grasses et
souvent saturées. De petits gimmicks mélodiques
se baladent dans cet arrière-plan musical délabré.
La foule danse, hystérique. Le sourire aux lèvres,
elle reprend en hurlant les refrains de morceaux (déjà)
emblématiques. Tel « Never be alone »,
remixe d’un titre de Simian aujourd’hui renommé
« We are your friends », qui balaye tout sur son
passage (préjugés, arrières-pensées),
ouvrant les cœurs à la seule chose qui compte
à cet instant : le plaisir hédoniste de danseurs
plus ou moins confirmés laissant leurs corps exulter.
Justice est fête.
Julien Coudreuse [article paru dans La Griffe - Décembre
2006]
• Le
9 décembre à Rennes dans le cadre des Trans
Musicales (Hall 9, 02h15)
•
CD : "Waters of Nazareth, part I et part II" (Ed
Banger Records). Premier album à paraître prochainement.
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