| Quatre
mois après son passage à Saint-Malo dans le
cadre du festival La Route du Rock, Cat Power revient à
quelques encablures, à Rennes précisément.
Une nouvelle venue qui fait figure d’événement
tant les apparitions de l’américaine en live
sont rares, et tant sa réputation de fossoyeuse de
concerts lui colle à la peau. Trop d’annulations
et de shows inégaux suscitent aujourd’hui une
légitime méfiance quand s’inscrit son
nom en haut de l’affiche. Sa prestation estivale n’aura
malheureusement pas dissipé les craintes. Ceux qui
apprécient Cat Power en artiste torturée, timide
et mal aisée, blottie derrière sa frange, en
furent pour leur frais. Elle d’habitude si fragile et
touchante monta sur scène souriante, escortée
par les musiciens archi-rodés du Memphis Rythm Band
(certains parmi eux officiaient déjà aux côtés
du grand Al Green). Le virage soul déjà emprunté
sur son dernier album (largement encensé, mais pourtant
trop léché) se confirmait ce jour-là.
Restait cette voix sublime et éraillée dont
on ne peut se lasser. La retrouver au programme des Trans
Musicales n’a donc pas manqué de surprendre.
Jusqu’à ce qu’on découvre le nom
des musiciens qui l’accompagneront : Warren Ellis, violoniste
des merveilleux Dirty Three, fidèle lieutenant de Nick
Cave en tournée, et Judah Bauer, guitariste dont la
classe n’a d’égale que sa dextérité,
plus connu comme binôme de Jon Spencer au sein du Blues
Explosion. Autant dire le line-up parfait. Et l’on se
prend à rêver de Cat Power revisitant à
leurs côtés quelques-uns des sommets de sa discographie…
Julien Coudreuse [article paru dans La Griffe - Décembre
2006]
• Le
7 décembre à Rennes dans le cadre des Trans
Musicales (Hall 9, 22h05)
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CD : “The Greatest” (Matador / Beggars)
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