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27ème rencontres transmusicales - édito / zoom / concours
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Katerine est un homme, un vrai. Avec ses faiblesses (affichées) et ses envies (de pisser), ses passions (l’amour, l’art) et son goût pour les petits riens (les détails du quotidien). Si les relents bossa nova des chansons naïves et surréalistes qu’il composait à ses débuts ne séduisaient pas plus que ça, l’autodérision manifeste du garçon le rendait toutefois sympathique. Le virage formel pris par sa musique, devenue électronique, accentue les velléités ludiques remarquées autrefois. Pour un résultat aussi brillant qu’hilarant.

En 2004, les rédactions des magazines So Foot et Les Inrockuptibles s’associaient pour réaliser un numéro spécial et hybride à l’occasion du Championnat d’Europe de Football. Ils proposent à Katerine de composer un hymne officieux pour cet événement. Ce morceau marque le début de sa collaboration avec Gonzales (musicien canadien notoirement timbré et inclassable, producteur pour Feist ou Jane Birkin) et Renaud Letang (producteur de Manu Chao). Les trois hommes se retrouvent dans la foulée pour l’enregistrement de Robots après tout, cinquième album de Katerine, paru récemment. À son écoute, la proximité entre l’univers artistique de son auteur et celui de Gonzales saute aux oreilles. Est-ce dû à l’influence de ce dernier ? Ou cette familiarité n’attendait-elle qu’une Groovebox [boîte à rythmes avec sons pré-enregistrés, ndlr] pour s’affirmer ? À une cadence infernale, beats disco efficaces et riffs électro aussi cheap que bien sentis s’entremêlent joyeusement. L’hurluberlu Katerine y plaque sa voix légère et conte ses histoires, banales à première vue, mais qui pourtant interpellent : “ Je marchais dans la rue, et puis y’a une fille juste devant avec ses grands cheveux blonds, tu vois, j’ai commencé à la suivre parce que, je sais pas, j’avais envie de baiser, et puis tout d’un coup elle s’est retournée et là, qu’est-ce que je vois ? Putain Marine Le Pen, non non mais Marine Le Pen, non mais, tu n’y crois pas… ” (extrait de “ 20-04-2005 ”). Son sens de la dérision se transmet également par la diction adoptée : “ Et patati et patata, des fois j’en ai ras le bol de moi… ” (extrait de “ Patati Patata ! ”). Si Richard Gotainer savait allier la forme et le fond, il s’appellerait peut-être Katerine.

Julien Coudreuse [article paru dans La Griffe n°179 - Décembre 2005]

Du 7 au 10 décembre à Saint-Jacques de la Lande dans le cadre des Trans Musicales (L’Aire Libre, 02 99 30 70 70). A noter, une première partie différente chaque soir : Damien, Teyss, David Walters, The French Cowboy and The German Dudes.

CD : “ Robots après tout ” (Rosebud / Barclay)