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Katerine
est un homme, un vrai. Avec ses faiblesses (affichées)
et ses envies (de pisser), ses passions (l’amour,
l’art) et son goût pour les petits riens (les
détails du quotidien). Si les relents bossa nova
des chansons naïves et surréalistes qu’il
composait à ses débuts ne séduisaient
pas plus que ça, l’autodérision manifeste
du garçon le rendait toutefois sympathique. Le virage
formel pris par sa musique, devenue électronique,
accentue les velléités ludiques remarquées
autrefois. Pour un résultat aussi brillant qu’hilarant.
En 2004, les rédactions des magazines So Foot
et Les Inrockuptibles s’associaient pour réaliser
un numéro spécial et hybride à l’occasion
du Championnat d’Europe de Football. Ils proposent
à Katerine de composer un hymne officieux pour cet
événement. Ce morceau marque le début
de sa collaboration avec Gonzales (musicien canadien notoirement
timbré et inclassable, producteur pour Feist ou Jane
Birkin) et Renaud Letang (producteur de Manu Chao). Les
trois hommes se retrouvent dans la foulée pour l’enregistrement
de Robots après tout, cinquième album de Katerine,
paru récemment. À son écoute, la proximité
entre l’univers artistique de son auteur et celui
de Gonzales saute aux oreilles. Est-ce dû à
l’influence de ce dernier ? Ou cette familiarité
n’attendait-elle qu’une Groovebox [boîte
à rythmes avec sons pré-enregistrés,
ndlr] pour s’affirmer ? À une cadence infernale,
beats disco efficaces et riffs électro aussi cheap
que bien sentis s’entremêlent joyeusement. L’hurluberlu
Katerine y plaque sa voix légère et conte
ses histoires, banales à première vue, mais
qui pourtant interpellent : “ Je marchais dans la
rue, et puis y’a une fille juste devant avec ses grands
cheveux blonds, tu vois, j’ai commencé à
la suivre parce que, je sais pas, j’avais envie de
baiser, et puis tout d’un coup elle s’est retournée
et là, qu’est-ce que je vois ? Putain Marine
Le Pen, non non mais Marine Le Pen, non mais, tu n’y
crois pas… ” (extrait de “ 20-04-2005
”). Son sens de la dérision se transmet également
par la diction adoptée : “ Et patati et patata,
des fois j’en ai ras le bol de moi… ”
(extrait de “ Patati Patata ! ”). Si Richard
Gotainer savait allier la forme et le fond, il s’appellerait
peut-être Katerine.
Julien Coudreuse [article paru dans La Griffe n°179
- Décembre 2005]
• Du
7 au 10 décembre à Saint-Jacques de la Lande
dans le cadre des Trans Musicales (L’Aire Libre, 02
99 30 70 70). A noter, une première partie différente
chaque soir : Damien, Teyss, David Walters, The French Cowboy
and The German Dudes.
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CD : “ Robots après tout ” (Rosebud /
Barclay)
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