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ème édition de la route du rock _ 13.14.15
aout 2004 _ sain malo [35]
Deuxième
réveil le nez dans le gazon. L’alcool
ingurgité quelques heures auparavant ne s’est
pas encore entièrement évaporé.
Histoire de garder un certain équilibre, on
fait petit dèj’ à la bière…
Une bonne douche, et un repas équilibré
nous permettant de prendre le volant, nous allons
finir notre nuit à l’ombre des remparts.
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Slalom
surnaturel entre les touristes allemands et les familles
locales, on atteint la plage où colleen
a déjà débuté son set. Voyage
éclectique dans sa collection de disque, elle
avouait dans une interview récente ‘être
nulle en rythme’, nous assisterons donc à
un enchaînement de petites perles mélodiques
aux couleurs musicales variées : du dub jamaïcain
à anti pop consortium, de la soul 60’s
à autechre en passant par my bloodie valentine.
‘Qu’il est doux de ne rien faire, quand
tout, autour de vous, s’agite’. Le soleil
commençant à nous tapoter gentiment sur
la tête, nous allons profiter de la fraîcheur
du palais du grand large.
Murcof
est déjà installé derrière
son laptop, assis sur une chaise. La musique du mexicain
est toujours agréable à entendre. Peu
de musiciens électroniques arrivent à
nous toucher autant avec de longs morceaux teintés
d’angoissantes mélodies. Le public, pour
la plupart assis ou allongé à même
le sol, écoute religieusement les nappes envoûtantes
se mêler aux cordes dans de longues étreintes
rythmées par des basses profondes, parfois des
drones fantomatiques perturbent l’ensemble et
laissent un effet de hachages dans leur sillon. Les
magnifiques compositions de fernando corona
nous laissent cependant un certain regret, murcof
est un très bon producteur, mais ces performances
live manquent malheureusement de vie et de spontanéité.
Le tempo ralentie de ce premier concert nous incite
à nous asseoir à notre tour le temps du
changement de plateau.
De
la position assise, il est aisé d’étendre
les jambes, puis de poser un coude, puis l’autre,
pour se retrouver entièrement allongé,
en train de somnoler, la musique de fennesz
comme bande son de nos demi-rêves. Nous avons
découvert l’autrichien en live il y a quelques
mois accompagnant sparkelhorse pour une création
unique au cours de laquelle la dimension pop du musicien
prenait toute son ampleur, une seconde foi lors d’une
performance aux sein du GRM de radiofrance [groupe de
recherche musical], création expérimentale
donc, où il se transformait en chef d’orchestre
pour plusieurs dizaines d’enceintes disposées
dans le grand studio de la maison ronde, nous étions
donc heureux de découvrir aujourd’hui fennesz
en solo, debout derrière son mac, une guitare
posée à sa droite. Une matière
mélodique arrive à voir le jour au travers
d’un rideau de vibrations et grésillement.
Hachure, saccade et magma sonore se calme pour trouver
un rythme et s’accorder dans le tourment. Petites
explosions électroniques et mélodies aquatiques
nous ensorcellent. Quand il prend la guitare, c’est
pour égrainer quelques notes et accords qui se
dispersent dans l’espace assombri par un premier
orage craquant à l’extérieur. En
suspension, pendant une petite demi-heure, le public
en redemande, fennesz revient pour
un rappel, court, simple et mélodique. Le public
est ravi. Nous aussi.
La
plage c’est vidée de ses baigneurs, le
bleu du ciel s’est assombri de gros nuages gris.
Nous rentrons au fort direction le camping, le duvet
- sieste réparatrice, accompagnée du doux
cliquetis des gouttes qui tombent sur le toit de la
tente. Mojave 3 ne nous motive pas
à sortir le bout de notre nez. Girls
in hawaii pas beaucoup plus, mais l’on
se dit que peut-être leur nom va participer au
changement de temps. En effet, il ne pleut plus. Pop
song parfaites, mélodies et arrangements soignés,
la musique des belges est idéale pour se remettre
les idées au clair pendant l’apéro.
Lors
du changement de plateaux de blonde redhead,
un second orage éclate, trempant copieusement
les festivaliers. Le public venu ce soir pour la belle
kazu et les jumeaux amedeo
et simone, ne recule pas devant les
assauts de la météo. Ce climat humide,
lourd et sombre s’accorde même plutôt
bien à la musique des américains. Rage
contenue, mélodie torturées, voix à
la limite de la cassure, le concert prend un visage
dramatique quand les trombes d’eau s’abattent
sur la scène, et que le ciel se fait lacérer
par les éclairs, obligeant les organisateurs
à stopper momentanément le déroulement
de la soirée. Durant près d’une
heure, c’est l’incertitude qui plane au
dessus de fort, giflé par le vent et la pluie.
L’édition 2002 nous revient forcément
à la mémoire. Les éclairs s’éloignent,
nos espoirs de revoir blonde redhead
sur scène avec. Les techniciens s’affairent
à coup de raclette et serpillières, préparant
la venue de dionysos.
Le
groupe originaire de valence clôture sa tournée
sur la grande scène du fort de st père.
Un peu étrange comme tête d’affiche
du dernier soir alors qu’il y avait blonde
redhead, et le blues explosion.
Passons... ‘Le meilleur groupe français
au monde sur scène’, annonce le programme,
comme sur les affiches de fête foraine. Et c’est
vrai qu’ils sont forts sur scène, montés
sur ressorts, la classe en costard, multi-instrumentistes,
la belle et charmante babet, le slam conventionnel,
de l’efficacité rodé par plus de
400 concerts au compteur… le public chauffé
à blanc, n’en demandait même pas
tant. Et la pluie continue de tomber nous faisant fuir
la scène pour un endroit plus sec.
Cette
petite pause nous permet de recroiser quelques personnes
encore inaperçues durant ces trois jours, l’occasion
de boire quelques verres, puis d’autres…
la fin du festival se rapproche… les trois jours
d’excès se font sentir et nous font presque
rater le blues explosion. Blues, rock,
explosion, boue, il parait que c’est les 35 ans
de woodstock. Concert électrique, tendu, violent.
Rock très classique mais d’une efficacité
hors paire. John et son band font du
bruit depuis près de 15 ans, et ça s’entend,
c’est carré mais pas non plus révolutionnaire.
Et c’est sur ces notes de guitare que notre route
du rock va s’achever, le live des troublemakers
se perdant dans un floue qui nous accompagnera jusqu’au
levé du soleil… et bien plus encore…
Une
bien belle année qui restera gravé dans
notre mémoire. La route du rock nous est cher,
vivement l’année prochaine que nous fêtions
dignement ses 15 ans. 15 ans, c’est l’age
auquel on commence à faire des bêtises,
non ?
Merci
à pierre-yves, benoît,
jimmy et xavier.
Et
tout particulièrement à julie.
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