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14 ème édition de la route du rock _ 13.14.15 aout 2004 _ sain malo [35]


Réveil loin de paris plutôt agréable, la verdure, le camping… cool. On se roule un petit joint du matin, les balances ont commencées, la pop électronica de lali puna nous caresse les oreilles. Il fait beau. L’idée agréable d’aller écouter de la musique à la plage rend ce moment encore plus heureux.

Apéro, déjeuner, puis route vers st malo où les siestes musicales ont été déplacées pour cause de désordre public l’année dernière. C’est mieux ainsi, la plage de l’éventail est plus facile d’accès que celle du bon sauveur, et elle se trouve à deux pas du palais du grand large, juste de quoi se dessabler les pieds.

la plage de l’éventail
nouvelle vague _ la plage de l’éventail

Premier live à la plage, et petit couaque au niveau des balances, le temps de piquer une tête. Nouvelle vague projet conceptuel mené par marc collin et olivier libaux accompagnés de deux chanteuses magnifiques, mélanie et camille. Le concept : reprendre des classiques des années 80 [joy division, clash, the sisters of mercy, xtc, the cure…] façon bossa nova, et ça fonctionne. Près de 2000 personnes ont succombé à cette vague rafraîchissante en ce début d’après-midi ensoleillé. Drôle, délicat et relaxant, ce projet d’une certaine légèreté [bossa], se base sur des chansons d’un répertoire radicalement opposé [new wave] ce qui plait aussi bien au jeune branché de 20 ans qu’à ces parents, expliquant en partie un succès aussi unanime. Le public nombreux, donc, et comblé, a même été gratifié d’une petite extravagance de mélanie, l’une des chanteuse, qui a traversé la plage entière en courant pour se jeter à l’eau, l’harmonica aux lèvres… et de finir son ‘too drunk to fuck’ des dead kenedy’s toute mouillée… sexy.

Tellement sexy, qu’elle nous a fait raté gravenhurst, la nouvelle signature folk de Warp. Maudit palais, tu nous en veux. Et nous nous en voulons également, les quelques personnes croisées à la sortie de ce concert, en sont toutes retournées, les larmes aux yeux, le poil dressé. Un grand moment de frissons.

Pour le frisson, on se contentera de la clime du palais plus que de laura veirs. Pas du tout dans le trip lo-fi, antifolk à ce moment, on boit une bière, et on rentre au fort.

L’apéro peut commencer et il peut se prolonger tranquillement, les deux concerts qui nous intéressent débutent à 01h du mat. Seul exigence, on doit retrouver les velma pour une interview en début de soirée.

Flotation toy warning débute alors la soirée. La pop trop pop, nous, on n’aime pas trop, et les anglais n’ont pas les circonstances atténuantes de now it’s overhead : ils ne sont pas originaire de athens [état de georgie - US], ils ne sont pas potes de studio de REM, et il ne font pas l’ouverture du festival au fort de st père, mais ils ont quand même le soleil couchant. La route du rock est née avec la scène anglo-saxonne indépendante du début des années 90, il est donc difficile pour les programmateurs d’éviter ce genre de groupes, qui plaît d’ailleurs à la majorité des festivaliers. Tant pis pour nous, on zappe.

Lali puna en 2001, the notwist en 2002, Ms john soda en 2003 et… lali puna en 2004, on aura compris, les frères acher qui participent à ces nombreux projets ont leur résidence d’été en bretagne. Pas que ça nous gêne profondément, pas que leur musique nous déplaise. Juste que l’on pense que cette année, il y avait certainement mieux que le quatuor berlinois dans cette veine musicale qui commence peut être à tourner en rond [comme la programmation ?]. Bon d’accord, le charme coréen de valerie trebeljahr… mais ça ne fait pas tout. La scène hip hop actuelle par exemple regorge de projets plus originaux les uns que les autres, la preuve avec buck 65 l’an passé. Cette année automato ou abstrackt keal agram auraient pu trouver leur place sur la grande scène.

Pour ce qui est d’original, nous avons rendez vous avec le groupe velma que nous invitons à partager quelques bières et ti-punch au pieds de notre tente. Discussion fort intéressante dont vous pourrez retrouver le détail dans ces pages rapidement. La terrasse de notre tente étant plutôt agréables à l’image de l’interview, nous passons le début du concert de air à discuter punk, smurf et ‘velma en tête d’affiche d’un grand festival rock.’.

Air, tels des rois, ont déboulé avec un camion entier de matos et leur cour versaillaise, phoenix en tête. Concert forcément efficace : magnifique lumière, son parfait quoique un peu trop faible à notre goût, musiciens américains, le tout nous offrant un show très pro[pre]. Trop. Mais sans cette locomotive, pas de festival. C’est grâce à ce genre de tête d’affiche que la barre des 20000 entrées payantes peut être atteinte et ainsi permettre à la route du rock, de survivre. Merci air, d’avoir accepté l’invitation. Par contre on se serait bien passé de la pop calibré MTV de phoenix. D’ailleurs nous nous en sommes passé, nous dirigeant vers le stand crêpe et galette saucisse pour calmer notre impatience de retrouver TV on the radio, sur une scène à la mesure de leur talent.

Nous avons découvert ce collectif américain il y a quelques mois déjà au nouveau casino… en première partie de colder. Oui, vous lisez bien, en première partie de colder, ce qui nous a fait rater la moitié de leur concert, d’ailleurs. A l’époque cette première rencontre nous avait parue inégale; mais parfois inégalable dans cette transe proche de ce que pouvait connaître le new york de la fin des années 70, liquid liquid, esg, konk, DNA ou tuxedomun. Même rage électrique, un genre de funk blanc joué par des noirs. Ironie du sort, des blacks qui se réapproprie une musique qui était leur. Les blancs ont radicalisé et durci le funk des années 60, par des guitares plus électriques, un son plus sec, son que garde TV on the radio, mais ils y réinjectent de la soul et du gospel, ce qui rend leur musique unique. Et ce soir les new yorkais de brooklyn [et oui encore brooklyn !!!] ne doivent pas regretté d’être revenu en France exclusivement pour la route du rock. L’un des meilleurs concerts qu’ils n’aient jamais fais. Le meilleur concert de la soirée, sans conteste, et un concert qui rejoint celui de LCD soundsystem dans ce que nous avons vu de meilleur cette année. Deux concerts qui nous ont fait vibrer, danser et transpirer…

TV on the radio _ fort de st père
peaches _ fort de st père

Exactement ce qu’a fait peaches durant son super show à l’américaine : vibré[massé], dansé et transpiré. Pas grand amateur de ce que la canadienne nous propose sur disque, il faut reconnaître que le spectacle qu’elle nous a offert durant cette soirée était assez barré. Elle a remplacé la barbe fournie de son dernier album par l’attirail idéal de la pute de mauvais quartier, short en sky blanc, soutif, et mascara dégoulinant au fur et a mesure de sa performance. Car c’est de performance qu’il faut parler. Parfois accompagné par deux femmes/trans/hommes, au choix, attifés d’une bite en plastique qu’elle manipule explicitement, on pense à une madonna période who’s that girl, tripée qui prendrait du red bull au petit déjeuner et qui dormirait un god sous l’oreiller. Elle passera un morceau entier monté en haut d’une des deux tours de la scène, un autre debout sur la barre de sécurité, le mini short dans le nez du premier rang, soutenue par deux agents de sécurité un peu embarrassés, mais j’imagine heureux. Musicalement, ça passe d’un punk rock hargneux à une électro nous rappelant forcement les chiks on speed, très proche dans le délire mais en beaucoup plus provocant.

Tous ceci n’allait pas nous aider à nous diriger vers les duvets. Commençant à connaître le chemin du VIP par cœur, c’est inévitablement là que nous finissons la nuit… qui fut un peu plus rude que la précédente.