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14 ème édition de la route du rock _ 13.14.15 aout 2004 _ sain malo [35]


14 ème édition pour le plus indé des festivals d’été. Notre petit préféré ne nous a pas déçu encore cette année. La plage à vu son premier live couronné de succès - près de 2000 personnes ont assisté au concert de nouvelle vague, le palais du grand large était complet chaque après midi, confirmant son goût pour une programmation toujours aussi pointue et défricheuse, par contre le fort de st père mêlait une scène très pop aux grosses têtes d'affiche, ne laissant malheureusement qu’une petite place à des groupes réellement intéressants. Malgré cette petite réserve, nous restons fidèle à cet esprit, cette ambiance, ce lieux, qui rendent unique la route du rock face à d’autres festivals qui deviennent monstrueux par leur taille comme par leurs affiches boulimiques.
Quelques souvenirs marquants pour vous mettre l’eau à la bouche : LCD soundsystem qui à transformé la grande scène en club le plus branché de l’été, camille, charmante chanteuse de nouvelle vague, qui nous a fait un plongeon mémorable ‘too drunk to fuck !!!’, blonde redhead ne pouvant finir son concert pour cause de déluge, et notre mémoire qui faillit à partir du live de troublemakers… D’ailleurs nous n’avons pas très bien débuté notre festival non plus, ratant deux groupes pour lesquels nous faisions particulièrement le voyage.



Velma tout d’abord, meilleur groupe de tout les temps...? Non, peut être pas, mais la plus belle surprise que nous a offert l’année 2003. Pourquoi les avoir fait jouer en ouverture du festival ? Pourquoi les avoir fait jouer au palais du grand large ? Manque d’audace de la part des programmateurs, peut être du au demi-échec de la prestation de black dice l’année dernière. Et pourtant, les suisses méritaient le fort. Pour leur performance vidéo [joué en plein jour !!!], pour leur son – radical, rock et hypnotique, et tout simplement parce que le but de la route du rock est de faire découvrir à un large public des groupes originaux et en devenir. Pour ce qui est de l’originalité, velma est l’un des groupes les plus innovants que nous ayons vu sur scène ces dernières années, pour ce qui est du devenir, ils n’en sont plus à ce stade. Velma est.

Le microphénomène cocorosie ensuite. Deuxième rendez-vous manqué en quelques mois, à la guinguette pirate tout d’abord, au palais du grand large aujourd’hui. Ces jeunes filles nous fuient. Vu le buzz qui est en train de monter autour de ces frangines, il faudra bientôt payer cher pour les rencontrer. Et ça ne fait que commencer, l’une des deux sœurs batifole avec devendra banhart [sensation folk de ce début d’année], qui fera une apparition en fin de concert, la seconde avec l’un des membres de TV on the radio, LA révélation de la route du rock pour beaucoup de monde. Arrêtons là la parenthèse people, leur concert fut magique d’après les oreilles chanceuses qui ont pu y assister. Magique comme les petites boites à secrets, à la limite de la nostalgie, mais toujours le sourire aux lèvres. Folk bancale, instrument-jouet, mélodica et jolies chansons. On se consolera avec ‘la maison de mon rêve’, leur magnifique premier album bricolé à la maison.

Raté pour raté, nous prenons notre temps pour retrouver nos habitudes dans le fort. Notre place de camping avec vue sur scène est toujours libre, le ciel se dégage, les magnetic.d-jukebox commencent leur set, toujours aussi impeccable. Faisant les transitions entre les groupes ils mixent rock et pop à la sauce hip hop, jazz ou funk - exemplaire du début à la fin de chaque édition. Ils nous font presque regretter now it’s overhead, groupe originaire de athens [état de georgie - US], peut être un clin d’œil des programmateurs. Sympa pour l’idée, mais nous, on n’est pas fan. Amis de studio de REM, c’est un argument, mais c’est chiant. Evidemment ce n’est pas facile d’ouvrir les hostilités, le fort a moitié vide, mais au moins on a la chance de jouer avec le soleil couchant… Les écossais du beta band sont ensuite venus nous faire leurs adieux, après huit ans de recherche sonore, essayant sur trois albums de réinventer la pop. Récoltant un unanime succès d’estime, mais également à chaque sorti, un nouvel échec commercial. Nous trinquons donc à leur santé !

the kills _ fort de st père
the kills _ fort de st père

La nuit pointant son nez, les fauves sont de sortis. Et c’est bien de fauve qu’il s’agit : VV et hotel, respectivement chanteuse et guitariste/chanteur de the kills. Du blues rock à l’état pur, une guitare, les parties de batterie sont jouées par une boite à rythme et deux micros. Pas de chichi, c’est brut, doux comme du papier de verre, on adore. Sur scène le couple joue sex, jeans moulant, santiags, et t-shirt serré. VV prend les riffs métalliques de son compagnon comme des orgasmes électriques. Clope continuellement au bec, on aimerait voir les flammes jaillirent de ces beaux yeux cachés dans ces longs cheveux noirs. Découvert sur scène l’an passé au festival art rock à st brieuc, le show a un peu perdu en spontanéité ce qu’il a gagné en efficacité.

Tête d’affiche de ce soir, le grand retour de deus. Tout du moins annoncé comme tel. Tête de fil de la scène d’anvers [Belgique], tom barman et ses hommes de mains jouent une pop-rock plutôt classique - guitare/voix soutenus par une rythmique basse/batterie. Ovation dès leur arrivé sur scène, on retiendra le : ‘merci, mais putain qu’est ce que vous foutiez les cinq dernières années ?’ Pour le reste, ça reste de la pop classieuse, avec quelques accidents soniques de temps à autres. Nous aurions préféré the kills avant LCD soundsystem plus logique dans la montée en puissance de la soirée, mais j’imagine que les pressions de toutes sortes doivent avoir une certaine influence. Dommage.

LCD soundsystem donc. Groupe de james murphy, patron de DFA [the rapture, black dice…] et producteur du génial losing my edge tube interplanétaire que nous nous sommes pris en pleine face en 2002. Sur scène les machines sont accompagnées d’une formation rock – synthé, guitare, basse, batterie, percus - james devant, les deux mains accrochées à son micro qu’il ne lâchera que pour jouer de différentes cloches et donner le rythme à suivre. La scène du fort est transformée en dance floor géant, 6000 personne ne sachant pas s’il faut slammer ou remuer ces fesses, le choix est fait, on slamme allègrement en remuant ses fesses. Yeah Yeah Yeah ! Yeah Yeah Yeah Yeah !! Yeah !!!! Electro post punk, il y a 30 ans les talking heads inventaient le futur de la musique, toujours à brooklyn c’est au tour de james murphy de capter toutes les influences et d’inventer la musique actuelle – bandant. Le concert du new yorkais sera l’un des meilleurs de cette 14ème édition.

RJD2 avait pour rôle de clôturer cette magnifique première journée. Petite anecdote glanée au cours de l’après midi mais aillant son importance, le Dj/producteur de columbus aurais perdu ses vinyles à philadelphie. Embarrassant pour un Dj. Connaissant son set sur le bout des doigts, il aurait retrouvé les vinyles essentielles à son live entres les bacs de dj rennais et ceux des magnetic.d-jukebox. La performance de l’américain rappellera forcement un des grands moments de la route du rock : le concert de Dj shadow en 2002. Même goût pour les 45t soul funk mixé a du rock 60’s, même frénésie dernière ses 4 platines. Sans casque, RJD2 calle les vinyles au sillon près, balançant l’arpège de guitare, la voix, le souffle de la trompette ou un scratch bien venu, créant sa propre musique grâce à celle de ses aînés. Parfois un peu démonstratif, il fait l’unanimité et emporte le public avec ses tubes ‘the horror’ ou ‘good times roll Pt.2’… Parfait pour finir au bar VIP à boire des mojitos…

Et en effet, il y en a eu quelques mojitos, puis quelques rhums, puis d’autres encore… …puis le VIP ferme et l’on retrouve les joies de l’errance à travers le fort vidé de son public, jonché de verres vidés de leur bière. On remonte à sa tente et l’on regarde les douves, du haut, pelouse piqué de tente multicolores… c’est beau un fort la nuit. Puis dodo.