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la route du rock 2003 _ st malo - st père [35] _ 15 . 16 . 17 août 2003





Après une édition assez mauvaise l’année dernière, en grande partie due à des trombes d’eau particulièrement mal venues, mais également, on l’omet systématiquement, à une programmation assez faible, la Route du rock offrait cette année une affiche étonnante, incorporant beaucoup de musique électronique à son line-up, intronisant ainsi l’ouverture du Palais du Grand-Large pour des concerts intimistes et électro, et nous offrant la plage du Bon Secours à sa juste valeur pour des dj sets (annulés pour la plupart l’an dernier) lounges et savoureux.
Cette tendance à l’électronique était même perceptible en soirée dans le vénérable Fort de Saint-Père, mais on verra que ici la déception fut grande.
Mais heureusement La Route du Rock, ce n’est pas tant un grand rendez-vous musical (sur le plan participation tout du moins) qu'une ambiance, une convivialité, assez rare dans le monde de plus en plus monnayé des festivals (voir l’édition du FIB de cette année, avec les banderoles de pub qui en arriveraient presque à cacher la scène…), dû à une organisation très agréable et à une certaine propension à la perte d’individus en fin de soirée dans le fameux camping entourant le site. Compte-rendu un mois plus tard, sur les souvenirs et les échos.



vendredi 15 août

Manquant le live de Stuntman 5, dont les échos furent très bons, on commençait le festival par le concert de la japonaise Tujiko Noriko, dans le cadre de ce fameux Palais du Grand-Large qui, bien que loin d’être à la hauteur de ce que son nom semblait annoncer, offrait dans une assez petite salle circulaire une très belle vue sur la mer, derrière les artistes penchés sur leurs machines.

Assez loin de son récent et décevant dernier album sorti chez TomLab, la japonaise offrit une prestation impressionnante. Celle-ci débuta pourtant assez mal, la demoiselle commençant son concert seule derrière son laptop par une poignée de morceaux musicalement assez beaux mais intrigants sur la façon dont les musiciens de la sphère électronique, laptop en particulier, abordent la question de la représentation live. Tujiko Noriko offrit aux détracteurs de ce genre de musique une nouvelle raison de ne pas y goûter, agissant au minimum derrière son ordinateur, regardant en l’air pendant que le son s’écoulait, prenant presque des poses de diva légèrement agacée qui pouvaient étonner. Heureusement au bout de 3 morceaux elle se vit rejointe par Lionel Fernandez, son ami cofondateur de Büro et membre de Discom, qui par sa simple présence ranima un peu l’atmosphère. Il amena aussi une touche bruitiste qui offrait un heureux contre balancier à la fluette voix de la japonaise, si pure qu’elle enchaînait l’anglais au japonais sans que presque personne ne s’en aperçoive. Les morceaux prirent alors une tournure plus fiévreuse, le concert se concluant sur une fantastique reprise harsh noise de Sonic Youth, la voix de Noriko flottant par-dessus un magma sonore terrifiant. On ne peut qu’être impatient de découvrir les travaux en duo de ces deux musiciens, car une sortie de disque est prévue d’ici quelques temps.

C’est donc au Fort que l’on filait ensuite pour suivre le beau concert de Cyann et Ben, dans la lignée de leur excellent premier album paru chez Gooom, puis la prestation très attendue de leurs confrères de label M83, intronisés nouveaux grands espoirs nationaux par une presse qui n’a semble t’il pas bien écouté leur premier album, bien plus riche et dense que leur second, « Dead Cities, Red Seas and Lost Ghosts », pourtant acclamé un peu partout. Notre léger scepticisme quant à la capacité du duo d’antibois de donner forme scénique à leurs récents travaux va vite être confirmé par un concert orienté très rock, toutes guitares dehors, qui amuse l’espace de 5 minutes puis lasse rapidement. Chaque morceau suit le même schéma, à savoir un début calme, créant une atmosphère sans franchement prendre vie, puis une explosion brutale et trop basique pour réellement émouvoir. La répétition abrutie de ce qui semble être le même morceau aura rapidement raison de nos nerfs.

Le concert de Death in Vegas qui suivit montre tout le travail à effectuer au jeune groupe français pour déployer une énergie aussi considérable sur scène. Impressionnant de puissance, Fearless, entouré parfois de 3 guitares, mêla tous ses morceaux dans un longue transe sonore hypnotisante, basée sur des rythmes de basses captivants, se permettant même une superbe reprise du « Age of Consent » de New Order. Imparable, mais l’on peut se demander si le show n’est pas un peu trop calibré pour réellement surprendre à la deuxième vision.