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la
route du rock 2003 _ st malo - st père [35] _
15 . 16 . 17 août 2003
samedi
16 août
Le deuxième jour, l’évènement
c’était le concert de Prefuse
73 au Palais du Grand-Large. Scott Herren
a depuis quelques mois mis tout le monde d’accord
avec son « One Word Extinguisher »
sorti chez Warp, superbe envolée hip hop aux
limites de la sphère électronique, qu’il
côtoie d’encore plus près sous ses
pseudos Delarosa and Asora ou Savath+Savalas.
Sa prestation devant une salle comble (beaucoup resteront
dehors) fut à la hauteur de nos espérances
: accompagné d’un dj, Herren enchaîne
les thèmes de ses albums, donnant au tout une
sonorité très dansante. Le public réagit
très bien, l’américain s’appliquant
avec le professionnalisme qui le caractérise
à ne pas laisser une seule seconde de répit.
Très impressionnant.
Le concert de Manitoba
qui suivit fut assez amusant : dans la lignée
de son dernier surprenant album, aux couleurs psychédéliques,
le canadien Dan Snaith s’entoura sur scène
de deux musiciens, préposés à la
guitare et à la batterie, lui-même évoluant
des claviers à une seconde batterie. Ce qui donna
un concert assez enlevé et parfois délirant,
comme dans ces affrontements de rythmes à la
batterie, mais le tout finit par lasser sérieusement.
Au
Fort s’annonçait une soirée très
intéressante, puisque on allait pouvoir suivre
la prestation de deux groupes new-yorkais qui ont fait
une bonne part de l’actualité récemment
: les Yeah Yeah Yeahs et Black Dice (bon, il est vrai,
une actualité plus souterraine pour le quatuor
de Brooklyn).
Avant eux nous avions droit au canadien
Buck 65, qui fit preuve d’une
sacrée énergie sur scène, présentant
principalement les morceaux de son prochain album et
non de son dernier sorti, ce qui pouvait surprendre
les fans des divagations hip hop du très bon
« Square ». Ce qui nous surprit
aussi d’ailleurs, nous sentant assez peu concernés
par ce son un peu trop carré, rien ne faisant
véritablement décoller la prestation.
Pour ce qui est de décoller, mieux valait donc
s’en remettre aux américains de Black
Dice – mais alors quel décollage
! Une très courte mais intense performance (une
trentaine de minutes à peine), un peu en deça
de leur récent concert parisien à la Fondation
Cartier mais toujours aussi radical dans le propos.
Une radicalité qui n’était visiblement
pas du goût de tout le monde, beaucoup des spectateurs
présents hurlant leur rejet de quelque chose
d’aussi informe. Il est vrai qu’il faut
se poser de sérieuses questions sur la pertinence
de les faire jouer devant un aussi vaste public alors
que le Palais aurait largement mieux convenu à
leurs expérimentations sonores. Certains auraient
même vus les new yorkais arriver sur scène
en insultant le public, ils savaient donc à quoi
s’attendre… Néanmoins le déluge
de bruit blanc déversé sur l’audience
au bout de quelques minutes de concert restera le moment
le plus mémorable de ce festival, autant par
sa puissance que par le côté insolite de
la chose.
On revenait ensuite - heureusement pour le public -
à quelque chose de beaucoup plus classique, le
rock des canadiens de Hot
Hot Heat. Très surprenant par
son superbe contenu mélodique et l’énergie
déployée par son chanteur Steve Bays,
le groupe livre une belle performance. Rassuré
sur la santé mentale des organisateurs, le public
se laissa prendre par la fièvre.
Tout comme pendant le concert des très attendus
Yeah Yeah Yeahs.
Mais la hype autour de leur chanteuse Karen O se dégonfla
malheureusement très rapidement ; on n’a
droit sur scène qu’à un enchaînement
de morceaux parfois assez bons mais le plus souvent
sans grand intérêt, et ce qui était
annoncé partout comme une performance furibarde
n’a rien de bien impressionnant et peine à
faire sourire, alors que l’on était en
droit d’attendre un choc sexuel ou quelque chose
du genre. Reste un groupe sympathique dans lequel le
sympathique guitariste Nick semble noyé sous
la hype entourant Karen, alors qu’ils écrivent
ensemble la totalité des morceaux.
La soirée se termina par une performance sans
saveur des 2 Many Dj’s,
qui auront le mérite de faire bouger les personnes
qui ne les avaient jamais vu, mais qui agacent terriblement
en répétant quasiment à la seconde
près les mêmes enchaînements à
chacun de leur set. Comme une drogue trop prise et qui
perd son goût, dans un éclat de déception
et de rage. Les frères Dewaele donnent l’impression
de tout programmer à l’avance, à
tel point que l’on peut se poser la question d’une
éventuelle performance d’imposteurs passant
un unique disque et s’agitant frénétiquement
dans le vide… Ce serait déjà beaucoup
plus excitant.
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