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la route du rock 2003 _ st malo - st père [35] _ 15 . 16 . 17 août 2003





dimanche 17 août

Le dernier jour au Grand Palais était très attendu, car l’on va enfin pouvoir découvrir Four Tet en live. Et celui-ci ne déçoit pas, c’est le moins que l’on puisse dire : agrippé derrière deux ordinateurs et quelques machines, habillé d’un t-shirt Liquid Liquid, le jeune Kieran Hebden, qui a déjà livré la veille un très bon dj set sur la plage, propose sa pop électronique servie à une sauce très psychédélique et dansante, enchaînant tous ses morceaux entre eux comme l’a fait la veille Scott Herren. Le public, là encore venu en masse, apprécie fortement, le live qui nous est livré, décollant complètement à la moitié sans jamais revenir se poser. Le londonien qui à 25 ans à peine a déjà sorti 3 albums sous pseudo Four Tet et 4 avec son groupe Fridge, se dit très impressionné par les travaux des maîtres que sont Jim O’Rourke et Christian Fennesz, et il semble qu’il a tout pour réussir à défricher des territoires sonores aussi intenses que ses deux maîtres. Son live est d’ailleurs construit comme une improvisation, lui-même rattachant les thèmes entre eux, sa musique évoluant selon l’ambiance du lieu. En résumé, le meilleur concert de cette Route du Rock, quasiment haut la main.

Toujours au Palais, le belge Arne Van Petegem, alias Styrofoam, qui eut la lourde tâche de succéder à un concert longuement applaudi. Rejoint par un guitariste et un batteur, pour ce qui n’est que leur seconde prestation en live, Styrofoam ne s’en sortit pas trop mal, donnant une bonne ampleur aux morceaux chantés de son dernier et très bon album « I’m what’s there to show that something’s missing » sorti chez Morr Music, mais n’arrivant malheureusement à se démarquer qu’à grande peine de cette electro-pop qui est devenu la signature quasi-officielle du label de Thomas Morr. On peut toutefois préférer sa musique à celle des plus formatés Lali Puna.

Pas grand-chose par contre à raconter sur le dernier soir au Fort de Saint-Père, les annulations en cascade de Calla et des Fat Truckers, ajoutée à celle programmée des Kills, ayant définitivement plombé la soirée qui s’annonçait déjà comme la plus faible du lot.

On était tout de même très impatients de découvrir Playdoh, dont le récent album « Fragments » est un délice. D’autant plus que Playdoh fait partie de toute cette jeune scène française, aux membres interchangeables, qui va de Telefax à Berg Sans Nipple ou Purr, ancien projet de Thomas Mery, ici recruté sur scène. Les membres de Playdoh ont visiblement décidé d’aborder la scène avec, eux aussi, une formule plus rock, rapprochant plus leur musique du premier album. Les délicates compositions de « Fragments » se retrouvèrent du coup assez écrasées, on perd en finesse ce qu’on gagne en efficacité comme on dit, sauf que là l’efficacité fut plombée par les gesticulations outrancières de Sébastien, chanteur du groupe. Une semi déception donc.

Peu à ajouter sur le reste de la soirée et la fin de ce festival, si ce n’est que Ms John Soda, le groupe de Micha Acher de The Notwist, n’a que peu d’intérêt sur scène, que Grandaddy garde toujours son charme naïf et que Travis était bien une terrible erreur de programmation.

Cette édition de la Route du Rock aura donc tenu à moitié ses promesses, avec d’un côté une bonne programmation électronique en après-midi, un très bon esprit d’ensemble du public, de l’autre des soirées pas franchement renversantes et (surtout ! pour certains) la police bretonne un peu partout…

Texte by Sigrid Bouaziz et Vincent Moon - photos by O:liv.


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